Cris et chuchotements…

07 Mar 2018
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Depuis quelques temps plusieurs médias rapportent les déclarations pleines de colères et d’amertume,  peu rassurantes, faites par des notables Touaregs de notre Grand sud. Ils estiment être mis sur la touche par les autorités et pensent que leurs régions sont  en marge du développement. Où est le vrai du faux dans cette affirmation ? Il faut bien poser la question. Elle coule même de source par ce que cette région est extrêmement délicate et sensible. Exprimées depuis nos frontières brûlantes avec les pays du Sahel (Mali, Tchad et Niger), ces colères, de plus en plus audibles des chefs touaregs de Tamanrasset et d’Illizi, interpellent au l’Etat plus haut niveau. Le cri poussé par l’Amenokal de l’Ahaggar, Ahmed Edaber, à travers les journaux doit étendu et bien pris au sérieux. Que se passe-t-il donc dans notre Grand Sud ? A quoi riment ces bruits et ces chuchotements de plus en plus récurrents  lancés  par ces notables qui ont accompagné les pouvoirs en place depuis 1962? Une chose est certaine : il y a forcément anguille sous roche à l’Ahaggar. Les autorités doivent urgemment  décrypter ces craintes et faire en sorte que les choses ne dérapent pas. L’Amenokal parle  d’une «importation» de notables depuis les  pays du Sahel et leur installation à Tamanrasset où ils jouiraient de tous les égards au détriment des locaux. Pour ce dernier, le dessein est clair : exécuter un agenda de la France visant à créer un mouvement séparatiste touareg qui engloberait des Maliens, des Tchadiens, des Nigériens et bien sûr des Algériens. Le fameux «Etat touareg» dont rêvait l’ancienne puissance coloniale pour en faire un cheval de Troie dans toute la région.   L’Amenokal dénonce la marginalisation des notables de l’Ahaggar et évoque une «volonté» de mettre en selle une faune «d’opportunistes qui voudraient réaliser les desseins séparatistes légués par la France coloniale». «Nous n’avons pas besoin de récompense mais de reconnaissance, pour mettre un terme aux arrivistes et aux notables importés qui ont impudence de se prendre pour des représentants des Touaregs de l’Ahaggar», tonne Ahmed Edaber, dans son message aux hautes autorités du pays. Il y a certainement une part de subjectivité, voire de surenchères dans ces propos. Ce notable s’appuie sur une saisine d’une trentaine de chefs de tribus qui réclameraient une part de développement pour cette vaste région. En creux, il y a donc un argument économique et social bien qu’il faille reconnaitre que l’Etat a entrepris beaucoup de programmes de développement dans le Grand Sud. Pour autant, la menace reste entière de par la proximité des touaregs de l’Ahaggar avec leurs «frères» du Sahel notamment ceux du Nord du Mali où opère l’armée française. Il y a un risque en effet que, par dépit, les «troupes» de l’Amenokal ne se connectent avec celles du MNLA pour former un embryon «d’Etat touareg» que la France ne se fera pas prier pour porter à bras le corps. D’où l’impérieuse nécessité de prendre au sérieux l’alerte de l’Amenokal de l’Ahaggar. A moins que ce ne soit une sombre manœuvre politicienne liée à l’élection présidentielle en ces temps d’intenses tractations.

Imane B. 

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