‘‘Tout va bien’’ vraiment ?

25 Mar 2018
230 fois

La journée nationale de l’avocat a offert au président Bouteflika l’occasion de reparler encore des «périls et menaces» à nos frontières qui, d’après lui, commandent de faire attention au niveau interne. Le chef de l’Etat suggère ainsi que les algériens doivent davantage se préoccuper  d’éventuels mauvaises nouvelles qui leur viendraient de l’extérieur que de leurs soucis multiples, résultats de politiques hasardeuses dans de nombreux domaines. En revanche, tout va bien ou presque dans le pays, semble dire le chef de l’Etat dans son message lu devant les avocats, par son ministre de la Justice, Tayeb Louh que la rumeur annonce comme futur Premier ministre. «Il est crucial également de ne pas perdre de vue les enjeux de la conjoncture au vu de la recrudescence des risques et périls qui planent sur de larges pans de nos frontières et auxquelles s’ajoutent la rude concurrence internationale et le conflit des intérêts économiques entre pays forts pour  s’accaparer les ressources disponibles sans se soucier des faibles»,  écrit le président. Autrement dit, les algériens, avec leurs partis, leurs associations, leurs syndicats et collectifs, sont invités à ranger leur frein et à refouler leurs colères pour assurer la stabilité du pays menacée, semble-t-il par des périls imminents. En somme, un discours qui sonne le déjà entendu tant Bouteflika surfe sur cette vague des périls aux frontières depuis pratiquement le début du printemps dit arabe, en 2011. L’argument fait encore recette sept années plus tard  bien que les pouvoirs se targuent du fait que le pays soit un «ilot» de stabilité qui se permet même d’exporter son expérience… Le message du président fait ainsi l’impasse sur tous les problèmes internes notamment cette série de mouvements sociaux qui paralysent les services publics à cause de l’incapacité du gouvernement à trouver des solutions aux revendications des corps de métiers fatigués de promesses sans lendemain. C’est dire que ce discours ne diffère pas des précédents en ce sens qu’il jette la pierre à l’étranger alors que la rue gronde ici en Algérie. N’ayant apparemment pas de solutions pour ramener le calme, le président se contente d’agiter le drapeau rouge devant les algériens en les invitant à «préserver la «cohésion sociale, l’unité nationale et atténuer les situations de tensions». Sans doute que le chef de l’Etat fait allusion aux grèves dans les secteurs de la santé et de l’éducation qui sont d’après lui «nuisibles au consensus dont nous avons si besoin en pareille conjoncture». Du calme alors, professe le président de la République sans pour autant annoncer une quelconque initiative de nature à ramener ce calme. Quant à l’état de la justice en Algérie, Abdelaziz Bouteflika semble très content. D’après lui elle a «franchi d’importants pas». Aux avocats qui écoutaient Tayeb Louh hier, d’apprécier en premier lieu.

 Imane B.

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85