Ouyahia en bulldozer

15 Avr 2018
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D’aucuns le croyaient sur la touche. Tout prêt de la porte de sortie. Mais le dernier remaniement ministériel l’a maintenu en poste. Pour longtemps ? Peut être bien. Et il semble en tirer une grande force au point de convoquer les médias pour les bombarder de ses certitudes qui ne sont pas négociables selon lui. Ahmed Ouyahia qui a avalé sa langue depuis plusieurs semaines, à force d’être rappelé à l’ordre, a repris des couleurs. Et il en profite pour se (re) construire une aura écornée par son ton cassant et son attitude de bulldozer qui écrase tout sur son passage. Il faut croire que le régime a tant besoin de ses précieux services en ces moments d’incertitudes politiques et économiques. Il a besoin d’une voix qui porte même si elle ne convainc plus personne. Et hier, Ahmed Ouyahia sous la casquette de Premier ministre, a fait le boulot. Un peu trop même. Au point d’attaquer maladroitement le journal El Khabar, «coupable» de ne pas partager les choix de son gouvernement et de donner la parole à l’opposition. Le premier ministre qui a retrouvé la parole après avoir fait profil bas des semaines durant, a attaqué tout le monde, justifié toutes les décisions. L’homme croit avoir toujours raison, contre vents et marrées. Il déclame sa science infuse et snobe les incrédules et les dubitatifs. Il adore cet exercice de boutefeu quitte à en prendre pour son grade. Comme d’habitude… et fidèle à son statut de «commis de l’État» mais surtout de serviteur zélé du régime, Ouyahia n’a pas hésité  hier encore, à aller sur le ring et donner des coups à tout va… Il se « fiche » royalement si cette attitude de boxeur pouvait se retourner contre lui et qu’elle lui casse le nez à l’arrivée. Tout se passe comme si son seul objectif, est de survivre politiquement quitte à servir d’éternel marchepied. Hier en tout cas, il s’est fait un malin plaisir d’afficher le grand sourire d’un Premier ministre droit dans ses bottes qui vient d’être reconduit dans ses fonctions pendant que certaines sources le donnaient pour viré. Pour lui, c’est une belle victoire qui devait être fêtée par une conférence de presse pour montrer qu’il est bien aux commandes. Quant à l’autre question lancinante sur le cinquième mandat, Ahmed Ouyahia, aurait voulu ne pas avoir à y répondre. «Vous voulez absolument faire du Président un candidat. Il entamera la cinquième année du quatrième mandat dans deux jours (le 17 avril). Laissez-le présider le pays. Nous avons besoin d’un guide au gouvernement», répliqua –t-il incommodé. Le ton en dit long sur l’arrière-pensée. Le Premier ministre qui a certes lâché -malgré lui peut être ? – qu’il serait «fier que si le président de la République décidait de poursuivre», semblait pour le moins énigmatique par rapport à cette perspective. Ouyahia aurait préfère ne pas répondre à une question sur le 5ème mandat qu’il ne devrait pas souhaiter en son for intérieur tant c’est la seule barrière qui lui bloquera la route vers le palais d’El Mouradia. Il l’a d’ailleurs vertement signifié à un journaliste d’El Khabar qui su mettre le doigt sur la plaie. L’homme semblait apprécier le petit bonheur de rester à son poste en espérant qu’un concours de circonstances puissent lui permettre d’aller à la «rencontre de son destin». Pari risqué.

Imane B.

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