Retards à l’allumage

17 Mai 2018
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Le directeur général des domaines, Djamel Kheznadji nous apprend que la demande d’acquisition de l’appartement qu’occupe Me Ali Yahia Abdenour, à El Biar, à Alger, depuis 1962, n’a fait l’objet d’aucun refus (sic). A la bonne heure sommes-nous tentés d’écrire ! Mais alors pourquoi avoir attendu presque deux semaines, des kilomètres d’articles de presse, légitimement choqués, et une kyrielle de pétition citoyenne réclamant un peu d’égard à un homme de cette trempe ? Subitement, ce responsable des domaines, directement interpellé par cette patate chaude qui fait les choux gras des médias, sort de sa réserve et explique avec aplomb, qu’il n’y avait pas de quoi en faire une affaire Ali Yahia. Il explique avec force détails à la vénérable agence officielle APS, que l’enquête est en cours et que le concerné a été dûment informé des péripéties de la procédure. Sauf qu’entre temps, l’affaire a pris une dimension hautement politique dès lors qu’il s’agit d’un opposant patenté au régime et un militant infatigable des Droits de l’Homme qui plus est, en âge très avancé. Au-delà de ce serpent bureaucratique qui enserre le pays, se pose la question lancinante de ces retards à l’allumage de toutes nos administrations. Pourquoi laisser les choses pourrir et susciter des réactions indignées quand on peu apporter des éléments de réponses à même de dégonfler les polémiques stériles ? Pourquoi ne pas réagir à temps pour circonscrire le feu et éviter que les gens tirent des plans sur la comète ?  Pourquoi entretient-on ce réflexe maladif qui consiste à allumer, bêtement, des feux de tension et ouvrir la voie aux spéculations et autres mises en scènes parfois dangereuses ? C’est devenu, hélas, une «règle» de gouvernance en Algérie. On crée un problème puis on le règle facilement pour se donner le beau rôle et paraître. Tout se passe comme si on ne mesure pas les dégâts causés sur le moral des gens. La gestion du temps est le talon d’Achille du gouvernement qui  vénère la loi du silence. Et c’est au peuple de décoder ses positions et interpréter ses silences   ! On l’a , du reste vérifié, la semaine dernière quand le porte-parole du makhzen marocain s’en est pris avec une rare violence à l’Algérie l’accusant presque de servir de repaire aux terroristes. De graves accusations qui auraient dû recevoir une réplique sèche  et déterminée, histoire de laver l’affront fait à un peuple qui a fait avec une grande bravoure, la guerre à l’hydre intégriste. Le fait est que le ministre marocain des Affaires étrangères semble avoir été encouragé par le manque de réaction algérienne et a sonné une autre charge autrement plus musclée contre notre pays. Mais il a fallu vingt quatre heures pour voir le porte-parole du MAE se fendre d’une déclaration à l’APS, quand l’arrogance du vizir du roi était presque, lue, relue, digérée et régurgitée par des Algériens choqués sur les réseaux sociaux.  On peut multiplier à l’envie ces retards de réaction voire parfois d’absence de réaction face à des sujets qui interpellent par leurs capacités à confondre les algériens et à la troubler. Un petit effort de communication ne serait certainement pas de trop. Communiquez s’il vous plait messieurs les responsables, nous sommes aussi concernés que vous ! 

 Imane B.

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