2 ème République

12 Mar 2019
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Le Président a tranché net sur l’avenir, voire le devenir politique du pays en annonçant le report des élections, tout en mettant à nu les visées de son entourage proche qui a voulu faire avaler aux citoyens la couleuvre du fameux 5ème mandat qu’ il dément prétendre briguer. C’est assurément une nouvelle donne qui peut permettre à l’Algérie de concrétiser les ambitions démocratiques pour lesquelles le mouvement populaire s’est mobilisé d’une manière inédite. C’est que le dit mouvement, qui par l’impressionnante marée humaine qu’il a drainée et surtout par la portée de la symbolique qu’il incarne, ouvre une nouvelle page dans les annales de l’Algérie indépendante. L’histoire de la République naissante s’écrit par le petit peuple qui a consommé son double divorce avec une classe politique en déphasage avec les réalités du nouveau monde : des partis créés pour les besoins de la démocratie de façade n’ayant pas su ou pu s’investir dans d’authentiques réformes qu’imposent les mutations internationales et des gouvernants réticents à tout changement. L’offre de Bouteflika après la colère de la rue est venue quelque peu trop tard puisque les mêmes « avances » ont été formulées en 2012, mais sont restées lettres mortes après les fameuses consultations drivées par Bensalah et que tout le monde avait assimilées à un leurre, sinon une manœuvre machiavélique pour se prémunir de la contagion du « printemps arabe ». Pourquoi le pouvoir a-t-il fait la sourde oreille, plusieurs mandats durant, face aux aspirations de la société éprise de liberté et de démocratie et s’approprier aujourd’hui la revendication populaire ? Toujours est-il que ces « concessions »viennent à point répondre aux attentes des Algériens et font tomber le masque des manœuvriers du clan présidentiel qui ne se remet pas de l’ivresse du pouvoir et qui prend en otage un Président usé par l’âge et la maladie. C’est que le paysage politique qui est en passe de reconfiguration ne peut s’accommoder « du vieux meuble ». La décantation est un préalable pour asseoir le socle de la transition devant mettre en place les fondements de la nouvelle République. Le FLN que Boudiaf voulait mettre au Musée pour le prémunir des aléas de l’Histoire survivra –t-il aux événements ? Rien n’est moins sûr, même si le rappel des caciques se veut une tentative, peut-être l’ultime, de sauver ce qui peut l’être. La refondation du champ politique national peut avoir raison de tous les partis, notamment ceux créés pour les besoins de l’allégeance. Le nouveau départ ne peut occulter les attentes de cette jeunesse arrimée au monde moderne marquée par la révolution des nouvelles technologies. C’est certainement dans cette perspective que Bouteflika a décidé le report des élections pour donner le temps aux personnalités appelées à assurer le passage à la 2ème République.

Saïd Lamari

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