Désillusion

19 Mar 2019
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Non, malheureusement nous ne fêterons pas ce 19 mars, journée nationale de la Victoire, dans la joie et l’allégresse d’une Algérie belle et rebelle retrouvée. Le président Bouteflika et ceux qui l’entourent ont décidé de nous priver de ce grand moment de communication nationale que la majorité de ce peuple appelait de ses vœux. Nous étions certainement nombreux à attendre une parole de sagesse de la part d’un Président qui aura régné sans partage pendant deux décennies à la tête du pays. Nous pensions qu’il était logique, voire légitime que ce «rais» qui a usé et abusé de notre temps et de notre confiance, de lâcher le fin mot. De lâcher le pouvoir. Que nenni !   Même aphone et désormais invisible, Abdelaziz Bouteflika nous dit par voie épistolaire qu’il est encore là et qu’il va falloir compter avec lui pour quelque temps encore.   Son message à l’occasion de la fête de la Victoire sonne comme une défaite aux oreilles des Algériens. C’est un message largement en deçà de ce qu’attendait ce vaillant peuple qui aura supporté toutes ses lubies depuis 1999.   Le 19 mars 1962 ce fut le cessez –le- feu. Hier, on espérait que cesse enfin les hostilités contre le peuple algérien qui réclame pacifiquement un changement. En vain. Abdelaziz Bouteflika que ses proches amis décrivent comme un «homme du pouvoir» qui ne lâche rien, a encore décidé de manœuvrer au lieu d’écouter son peuple. Il joue la montre en sachant qu’il a tout le temps contrairement au peuple qui marche à n’en plus finir. Ce peuple n’a plus le temps. Il veut urgemment le dégager et avec lui le système qu’il incarne. Au lieu d’un message de circonstance destiné à réenchanter l’épopée de la Révolution et promettre de rendre l’Algérie à sa jeunesse pour la façonner à son image, Bouteflika s’est contenté de promettre une conférence nationale «très prochainement». Du coup, il apparait qu’il ne cède rien malgré la gigantesque démonstration de force de vendredi dernier quand 17 millions d’algériens lui ont demandé de rentrer chez lui.   Son message est même en décalage par rapport à celui du chef de l’ANP Ahmed Gaid Salah qui lui, a longuement loué la relation fusionnelle entre le peuple et son armée. Mieux encore, le chef d’état-major a implicitement appelé à trouver une solution dans les «meilleurs délais».C’est cette petite phrase qui semble avoir inspiré la précision : «très prochainement» contenue dans le message présidentiel qui voudrait dire avant la fin de son mandat ; alors que cette fameuse conférence nationale était envisagée pour l’après 28 avril. Quoi qu’il en soit, Abdelaziz Bouteflika ne donne pas trop le choix au peuple que de sortir encore plus nombreux dans les quatre coins du pays vendredi 22, pour lui dire stop !

Imane B  

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