Destin

06 Avr 2019
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Les Algériens ont manifesté pour le 7ème vendredi d’affilée. Mais contrairement aux précédentes manifestations, celles d’hier avaient ceci de particulier ; elles sont les premières à survenir après la démission formelle de Abdelaziz Bouteflika. Elles interviennent également trois jours après le discours musclé d’un Ahmed Gaïd Salah qui a montré les prédispositions de l’armée à satisfaire et à accompagner « toutes les revendications populaires ». Alors qu’on s’attendait à une baisse de la mobilisation après la démission actée de Abdelaziz Bouteflika, c’est le contraire qui s’est produit. Les sorties et concerts de klaxons nocturnes avaient suivi les annonces de Ahmed-Gaïd Salah qui n’ont donc pas entamé la mobilisation populaire et n’ont pas refroidi les ardeurs des millions d’Algériens qui n’ont d’yeux que pour le changement total du régime. Pour les millions d’Algériens, sortis invariablement dans toutes les régions du pays, le changement ne peut se faire en dehors de la volonté populaire. Mieux, tout changement ne peut se faire, selon les Algériens, sans eux. Eux qui ont secoué les échiquiers politiques, à commencer par la toute puissante garde rapprochée du régime Bouteflika et qui demandent à être payés en conséquence. Rien ne sera plus comme avant. C’est une promesse et non une menace comme le dit l’adage. Or, pour l’heure, ces changements réclamés à tue-tête sont un peu loin de se concrétiser. Le maintien, à la tête des institutions de l’Etat, de Nouredine Bedoui, de Tayeb Belaïz et de Abdelkader Bensalah ne sont pas de nature à dissiper les doutes qui s’emparent des millions d’Algériens. On ne peut faire du neuf avec du vieux. La règle est connue car immuable. Pour cela, ces figures qui ont fait le système Bouteflika ne peuvent être la solution, elles qui sont à l’origine de la crise actuelle. Rien qu’à voir les premières mesures prises par le pouvoir, on se rend compte que le chemin pris jusque-là n’est pas le bon. Bien au contraire. Dans ce tableau presque idyllique peint par des voix et des têtes de millions d’Algériens, des questionnements subsistent pourtant. Des doutes sont légitimes. Des pancartes (brandies sincèrement ou provoquées par des officines) tentent de prédire le chaos. Car, refuser tout, revient à signifier que rien ne se fera dans ce pays. Laisser le pays livré au néant c’est à dire au chaos, n’est jamais un bon présage. Les Algériens ont exprimé des revendications légitimes. Personne ne le conteste. Mais à un moment, la raison doit primer. Le peuple doit être le seul garant de la future République en restant mobilisé. Mais une République a besoin d’hommes et de femmes pour la concevoir, la mener selon les souhaits du peuple. Ce sont ces hommes et femmes qui vont mettre en place des institutions, des mécanismes qui permettront aux Algériens de choisir librement leurs gouvernants à tous les échelons. Ces gouvernants vont être, ensuite, étroitement surveillés par le peuple et ses représentants. Et c’est ce qui nous a toujours fait défaut jusque-là !

Akli Ouali

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