Fenniche… l’espoir ?

18 Avr 2019
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La nomination à rebrousse-poil de l’attente populaire, de Kamel Feniche à la tête du Conseil constitutionnel, a-t-elle signé l’acte de décès de l’espérance d’une prometteuse transition politique et pacifique ? La question est sur toutes les lèvres des algériens qui se sont réveillés hier avec une gueule de bois. Et la réponse la plus positive est presque catégorique du moins sur les vraies intentions du nouveau pouvoir incarné par Gaid Salah et Abdelkader Bensalah. L’intronisation de l’illustre inconnu Kamel Fenniche fut en effet une terrible déception pour des millions d’algériens qui attendaient plutôt Bouchachi, Hamrouche, Taleb Benbitour ou autres figures emblématique de la scène politique. On n’en revient pas d’un tel choix qui n’était cité nulle part, pas même dans la corporation des magistrats où il n’a pas imposé sa signature. Du coup, la perspective de le voir éventuellement bombardé par le  duo Gaid-Bensalah à la tête de l’Etat pour mener la transition, glace le sang des puristes qui estiment que l’Algérie mérite mieux et le contexte commande un peu de bon sens. Le chef d’État-major qui a promis dans son discours que l’armée allait se mettre aux côtés du peuple jusqu’à satisfaction de ses revendications qu’il a d’ailleurs qualifiées de «légitimes», n’a pas tenu parole. Pour le peuple ce n’est rien d’autre qu’une énième duperie d’un système qui continue à jouer collectif même quand ses éléments se livrent une rude guerre de position. Ahmed Gaid Salah s’est acharné sur l’ex-patron du DRS, le général Toufik qu’il a voué aux gémonies et qu’il a accusé de «comploter» contre le peuple et l’armée. Mais il s’est contenté curieusement de l’avertir comme dans un jeu d’enfant… Le peuple qui réclame la nomination d’une personnalité qui a de la carrure à la tête de l’Etat pour mener le pays à bon port lui, est gentiment invité à «patienter» et à ravaler sa colère. C’est assurément une autre attente déçue, et une occasion ratée de redonner espoir aux algériens qui n’en ont cure de ces combats de coqs et de ces règlements de comptes entre les pions du même système.  La nomination de Kamel Feniche à la place de Tayeb Belaiz ressemble à la succession de Bensalah à Bouteflika. Et au-delà du manque de charisme de ce magistrat sans relief, il se trouve que sa nomination est aussi anti constitutionnelle d’après les juristes.  Elu par ses paires du Conseil d’Etat pour siéger au Conseil constitutionnel pour un mandat unique de huit ans conformément à l’article 183 de la Constitution, Kamel Feniche ne peut être désigné par Bensalah pour présider l’institution au risque de cumuler deux mandat d’élu et de désigné. Cette grave entorse à la constitution en dit long sur les arrière-pensées politiques ayant présidé à sa nomination. Parce que, si on voulait vraiment écouter le peuple, il suffit de nommer les personnalités citées plus haut au Conseil de la Nation et d’en choisir une pour remplacer Bensalah et tout le monde sera content. Il faut croire cependant que le peuple et le système restent sur deux lignes parallèles qui ont du mal à se croiser sous l’effet de forces centrifuges…

 Imane B  

Dernière modification le mercredi, 17 avril 2019 20:51
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