Place aux choses sérieuses

06 Mai 2019
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L’arrestation et la mise en détention provisoire hier du trio, Toufik, Saïd Bouteflika et Tartag met fin à une longue attente et à d’innombrables spéculations. Désignés par le chef d’État-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah comme étant des membres d’une «bande» qui conspiraient contre l’autorité de l’Etat et de l’armée, ils doivent désormais répondre de ces graves chefs d’inculpation devant la justice militaire. Pour le Hirak qui s’apprête à boucler sa douzième semaine de manifestations, c’est aussi une belle victoire de savoir que ces trois hommes dont il a mis les têtes à prix soient enfin traduits devant la justice. Mais cette affaire au retentissement médiatique planétaire du fait qu’il s’agisse tout de même du frère de l’ex- président de la République et de deux ex- patrons des services secrets algériens, ne doit pas cacher tout le reste. Les millions d’Algériens qui battent le pavé depuis près de trois mois attendent que les nouveaux décideurs mettent en place une feuille de route politique pour permettre au pays de se doter de nouvelles institutions démocratiques qui tirent leurs pouvoirs du pays. Le Hirak rappelle chaque vendredi à Ahmed Gaid Salah qui est le vrai patron du pays, qu’il n’y a pas de solution possible avec Bensalah et Bedoui. Et il commence même à perdre patience, en témoignent les slogans rageurs scandés contre le chef de l’armée soupçonné de vouloir «détourner» la volonté populaire, sans laquelle l’Algérie serait aujourd’hui sous l’autorité d’un 5ème mandat. Maintenant que l’hypothèque du duo d’enfer Toufik et Said est levée, il n’y a plus de temps à perdre pour satisfaire les revendications du peuple portées par la classe politique de l’opposition. En l’occurrence, la tenue d’une élection présidentielle le 4 juillet prochain étant impossible à tous points de vue, l’armée est tenue d’organiser le transfert du pouvoir vers une personnalité consensuelle ou un collège présidentiel chargé de mener la période de transition d’ici à l’élection d’un président fort d’un mandat populaire dans un délai   raisonnable. Ce sont les premiers signaux de bonne volonté que l’État-major doit envoyer au peuple qui, malgré la cascade d’arrestations spectaculaires, n’a pas perdu la boussole politique. «Yetnhaw gâa», reste le slogan fétiche des algériens qui ne veulent plus être roulés dans la farine ni par le clan de Said ni par celui de Gaid. Ce combat de coqs ne les intéresse pas. Ils veulent juste que leur pays se mette pour une fois depuis l’indépendance sur la voie de la démocratie, de la liberté et du progrès et ne plus être dans les fourches caudines des clans qui s’entredéchirent. L’invisible Président Abdelkader Bensalah doit logiquement annoncer sa démission tout comme le tout aussi effacé Premier ministre, Noureddine Bedoui et ses ministres en proie à une mise en quarantaine populaire. Cela marquera le début de la voie vertueuse qui mène vers une nouvelle Algérie. 

Imane Bilal  

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