Hors sol ?

07 Mai 2019
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Bensalah, rétablissant un vieil usage, aboli par Bouteflika, a présenté ses vœux aux algériens, à l’occasion de la veille du Ramadhan dans un long discours, du reste attendu pour avoir été fuité. Ceux qui s’attendaient à voir le chef de l’Etat par intérim faire des « annonces fortes », genre démission, en sont pour leurs seuls frais, car en fait de démission, Bensalah s’est surtout attaché à rappeler et insister sur la tenue de la présidentielle « dans les délais légaux. » sans préciser de date. A considérer l’obstination de Bensalah à vouloir coûte que coûte tenir cette élection, on est juste tenter de dire que l’homme est tout simplement hors- sol. Comment en effet organiser une présidentielle dans un climat politique aussi miné, marqué notamment par des manifestations populaires chaque vendredi. C’est impossible pour ne pas dire surréaliste. C’est à croire que le seul souci de Abdelkader Bensalah est, non pas de se mettre au niveau de l’exigence de la situation exceptionnelle que vit le pays, mais de vouloir se débarrasser de sa charge présidentielle, quand bien même transitoire. Le pari d’organiser cette élection « dans les délais légaux », est d’autant plus intenable que lui-même a appelé dans son discours à un dialogue «intelligent et constructif et de bonne foi» qui reste «l’unique moyen pour construire un consensus fécond, le plus large possible, de nature à permettre la réunion des conditions appropriées pour l’organisation, dans les délais convenus, de l’élection présidentielle». La construction d’un consensus est un gros enjeu qui ne se décrète pas à coup d’injonctions, juste pour satisfaire à une contrainte calendaire. Dans un paysage politique miné par l’ancien président, qui a divisé pour régner pendant vingt ans, il n’est pas aisé de renouer du jour au lendemain le fil du dialogue entre des acteurs qui se regardent en chiens de faïence. Le dialogue est la voie royale pour asseoir ce consensus que tout le monde appelle de ses vœux, mais encore faut-il en créer les conditions politiques et psychologiques. Et cela nécessite du temps qui déborde largement les limites du 4 juillet, date à laquelle Bensalah croit pouvoir remettre les clés de la République à son successeur qui sera élu. D’ailleurs, la réaction des partis politiques au discours de Bensalah est significative de cet agacement qu’il suscite en s’accrochant, par souci de légalisme formel à une date à contre- courant du gros bon sens. Les deux mois qui nous séparent du 4 juillet, date de la fin de mandat de Bensalah, devraient être mis à profit pour la cristallisation d’une option politique pour remettre le pays sur les rails de la légalité constitutionnelle, mais avec un calendrier et des mécanismes consensuel qui devrait déboucher sur une élection présidentielle. Mais certainement pas celle que semble vouloir Bensalah, juste soucieux de refiler la patate chaude à son successeur.

n H.Khllifi. 

Dernière modification le mardi, 07 mai 2019 14:04
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