Passage en force?

13 Mai 2019
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Il y a presque une unanimité parmi la classe politique, les personnalités dites nationales et les acteurs de la société civile sur la nécessité d’aller vers une période de transition devant permettre une mise à jour politique , juridique et même psychologique du pays. Pourtant, tout ce beau monde se heurte à un mur quasi infranchissable qu’est l’État-major de l’armée qui s’accroche contre vents et marées à une élection présidentielle pour le 4 juillet prochain. Mais peut-on vraiment défier la volonté populaire quand on voit le tsunami populaire de vendredi dernier en plein mois sacré de Ramadhan ? Personne ne veut de ce scrutin pour lequel le peuple qui marche depuis plus de deux moins n’est pas préparé. Même si l’armée via son chef, Ahmed Gaid Salah, voudrait opérer un passage en force au prétexte d’un constitutionalisme pour le moins douteux, il est loin d’être acquis qu‘elle trouvera de quoi meubler un scrutin par défaut. Le fait est que le fantôme du «vide constitutionnel» brandi à tout bout de champ ne fait plus peur dès lors que le pays était géré pendant des années par des forces «extraconstitutionnelles» voire par une bande «Issaba» sans que personne n’ait osé lever le petit doigt. Le commandement de l’armée qui tient envers et contre le peuple à tenir cette élection présidentielle le 4 juillet prochain, sait que cela relève d’une mission impossible, à moins d’importer un peuple qui ira voter… Politiquement ce sera un coup de force dangereux en ce sens qu’il s’apparentera à un défi à la volonté populaire qui s’exprime chaque vendredi avec la même résolution et la même intensité contre l’agenda du nouveau pouvoir et son timing. Malheureusement il semble que l’État-major ait décidé de faire cause commune avec les deux «B» (Bensalah et Bedoui) en vue d’imposer la solution par l’élection présidentielle à la grave crise politique. La réunion, la semaine dernière des deux «B» à la présidence pour faire le point des préparatifs du scrutin de juillet, confirme la détermination de fait du pouvoir de tordre le cou à la volonté populaire qui s’exprime dans la rue. Et comme pour ne rien arranger, l’armée à travers son organe central «El Djeich» a maintenu le cap dans son éditorial sur l’élection qu’elle présente comme «l’unique issue à la crise ». Pis encore, ceux qui s’y opposent y sont violemment pris à partie et désignés par des qualificatifs pas très glorieux. Ahmed Gaid Salah va-t-il foncer la tête baissée quitte à se mettre à dos le peuple algérien ? Le pari s’annonce extrêmement délicat surtout sur fond d’une campagne d’arrestations qui, le moins que l’on puisse dire, soulève pour certaines des questions sur leurs motivations. De fait, organiser une élection aussi importante que la présidentielle dans un contexte pareil, s’apparente à un suicide politique.

Imane B

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