Monologue

29 Mai 2019
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Décidemment le nouveau pouvoir incarné par Gaid Salah et l’opposition sont comme deux lignes parallèles qui ne risquent pas de se rencontrer. Une fois de plus, le discours du chef de l’armée hier à Tamanrasset à fortement déçu. Son appel au dialogue pour «gérer» le vide constitutionnel post 4 juillet, le temps d’organiser rapidement l’élection présidentielle, risque de tomber dans l’oreille d’un sourd. Droit dans ses bottes, Ahmed Gaid Salah ne veut point entendre parler de période de transition. Pourtant quasiment toute la classe politique notamment l’opposition et la majorité des personnalités nationales, dont Taleb Ibrahimi adoubé par les médias pros Gaid, ont proposé et souligné la nécessité pour l’Algérie d’aller vers cette période de transition devant remettre tous les différents à plat mais surtout mettre et définitivement KO le système. En chef militaire dont les paroles sonnent comme des ordres, le général de corps de l’armée, a en revanche dicté la conduite à tenir à tout le monde et déterminé l’ordre du jour de ce dialogue avec les «élites et les personnalités nationales fières de leurs pays».On remarquera d’abord qu’il n’a a aucun moment cité les partis politiques en tant que tels et qui sont censés être les partenaires les plus incontournables de ce dialogue. Mais Gaid Salah et le commandement de l’armée semblent avoir déjà ficelé la feuille de route devant mener à très court terme à l’élection, quoi qu’il arrive, d’un président de la République même si le peuple, et les partis tournent le dos au spectacle. Précisément, le président du RCD, Mohcine Belabbas a attaqué à l’artillerie lourde le chef de l’armée, Gaid Salah qu’il a accusé de vouloir opérer un «hold-up de la mobilisation et de la souveraineté du peuple en lutte». Le chef du RCD estime qu’il n’appartient pas à Gaïd Salah de fixer les «termes du dialogue» pas plus qu’il n’a le droit «d’exclure d’autorités toute idées de transition».Sans doute que la majorité des partis de l’opposition ainsi que les personnalités nationales vont dénoncer la tonalité et les conditions du «dialogue de Gaid». De fait, il s’apparente davantage à un monologue sur la date de l’élection présidentielle, que d’un dialogue censé porter sur une crise que Gaid Salah reconnait qu’elle est multidimensionnelle». A quo servirait-il en effet aux partis d’aller participer à une grand-messe du pouvoir où le seul enjeu serait la fixation de la date d’une élection ? Sans doute que cette nouvelle sortie du chef de l’armée constituera un carburant qui va redonner plus d’énergie à la mobilisation populaire. Les algériens vont sûrement «vendredire» massivement leur refus de ce marché de dupe que leur propose Gaid Salah.

Imane B

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