Démocratie en otage

09 Jui 2019
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Le dernier discours du très effacé Président de l’Etat Abdelkader Bensalah et l’éditorial de l’organe central de l’armée, El Djeich, confirme que le pouvoir de fait, avance la tête baissée vers…l’inconnu. En s’accrochant mordicus et contre la volonté populaire et de l’opposition à une élection présidentielle avec les mêmes acteurs et les mêmes actants, l’État-major et son chef, mettent l’avenir de la démocratie en Algérie en points de suspension… Comble de l’ironie, l’armée qui prétend ne pas s’ingérer dans les affaires politiques, fait exactement le contraire. En l’occurrence, l’éditorial de la revue El Djeich censé rendre compte de l’évolution de l’ANP dans le processus de professionnalisation, sa formation et sa capacité à faire face aux menaces externes est entièrement consacré à la …politique. A telle enseigne que ce texte aurait pu être publié par le journal El Moudjahid ! Pourtant, cette intrusion claire et nette du commandement de l’armée dans le marécage politique tombe sous le coup de l’article 28 de la Constitution qui lui interdit expressément de le faire. Cette énième embardée politique n’est-elle pas  attentatoire à la constitution que le patron de l’armée brandit à chaque fois comme un carton rouge pour barrer la route à toute solution politique qui sortirait du cadre constitutionnel ? En effet, Gaid Salah est tombé dans son propre piège à trop vouloir insister sur les «missions constitutionnelles de l’armée». Précisément la constitution n’autorise par l’ANP a dicter la conduite politique à tenir aux partis et encore moins au peuple qui est la source exclusive de tout pouvoir par la force de la même constitution. Gaid Salah qui en est à son trentième discours politique sinon plus, apparait de fait  comme le vrai chef de l’Etat qui veut imposer sa feuille de route. Et c’est logiquement qu’il reçoit chaque vendredi une volée de bois vert des marcheurs qui le soupçonnent de vouloir «placer» son homme à travers une présidentielle rapide et bâclée pour donner un vernis au système auquel il appartient et qu’il souhaite sauver d’une mort clinique. Mais en face, le peuple, ne semble pas disposé à se laisser voler par quiconque sa révolution fut-il par le chef de l’armée himself. C’est dire que Gaid Salah mène une bataille dont les résultats sont loin d’être garantis bien au contraire. Les millions d’algériens qui ont dégagé la «Issaba» ne sont pas prêts de baisser la vigilance avant de mener leur formidable insurrection citoyenne à la victoire finale et l’instauration de la démocratie aujourd’hui prise en otage. Ils ont conscience que ce sera cette fois ou jamais.     

Imane B

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