Harga au temps du corona

29 Juil 2020
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Nous avions tous été émus aux larmes le 4 juillet dernier quand, les crânes de nos valeureux Chouhada ont été rapatriés après plus d’un siècle de séquestration dans d’horribles boites entreposés dans le sous-sol du musée de l’homme à Paris. Notre fierté fut grande de voir Boubaghla et ses compagnons retrouver cette terre qu’ils avaient arrosé de leur sang même si rien ne pourra réparer la sauvagerie dont ils avaient été victimes. Mais il y a des moments comme çà, dans la vie d’une nation, qui rassemble par l’émotion qu’ils suscitent et la communion nationale qu’ils provoquent. Ces crânes retrouvés, sont pour ainsi dire, un baume à nos cœurs meurtris par l’insoutenable incertitude sur fond d’une crise financière extrêmement menaçante. Il s’avère pourtant que ce n’est qu’un court intermède que nous a offert la charge symbolique de ce grand moment de rassemblement au-delà de nos différences et par-delà nos souffrances individuelles et collectives. En l’occurrence, le retour de nos «Pères Fondateurs» a vite cédé la place au …départ d’autres têtes, peut-être moins emblématiques, mais sans doute plus aussi retentissantes. Ce sont ces centaines de jeunes algériens qui ont jeté leur destin en mer à bord de barques de fortunes pour aller quérir un ailleurs meilleur. Les images sont terriblement choquantes. La harga reprend de plus belle Que se passe-t-il en Algérie ? », s’est interrogé le journal espagnol El Diario, sans doute impressionné par ces bataillons de «boat people» algériens qui débanquèrent vendredi dernier sur les côtes ibériques, qui plus est, en temps de corona. Il y a de quoi en effet ! Ils étaient plus de 400 personnes à avoir «atterri» en Espagne après une traversée, filmée presque de bout en bout, par ces jeunes desperados qui auront osé l’incroyable défi contre la furie de la mer et la fureur de la COVID-19.Qui n’a pas vu cette image de nos jeunes compatriotes embrassant (en se prosternant) le sol espagnol juste après avoir quitté l’eau comme s’ils ont atteint enfin l’eldorado ? Cela fait très mal de voir çà. Ces jeunes sont en effet issus d’un immense pays, riche par son histoire, sa culture et son sous-sol. Personne n’aurait trouvé à redire s’il s’agissait de migrants subsahariens poussés par la faim et le chômage à tenter l’aventure. El Diario a eu donc raison de se poser la terrible question : «Que se passe-t-il en Algérie ?» Parce que l’Algérie n’a théoriquement pas vocation à laisser ses enfants prendre autant de risques pour… survivre.

 Imane B

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