De quoi cette pénurie est-elle le nom ?

30 Juil 2020
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Les bureaux de postes, que ce soit dans les grandes villes que dans les petits patelins, continuent de nous « gratifier » quotidiennement d’images surréalistes de longues queues devant les guichets, les distributeurs automatiques , de personnes attendant des heures, parfois sous le cagnard pour pouvoir retirer quelques sous, ô combien vitaux en cette période de l’Aid. Des pressions sur les guichets, à l’approche des grandes échéances, cela fait partir de l’ordre normal des choses en Algérie, où le phénomène dure cette fois-ci depuis des mois, à peu près avec le début de la pandémie de la Covid-19.Face à la pression médiatique, notamment les réseaux sociaux qui font du sujet leurs choux gras, les responsables d’Algérie poste ont multiplié des sorties sur les médias publiques et parapubliques pour donner leur explication des faits, mais surtout, comme toujours, tenter de rassurer l’opinion, d’autant plus qu’il s’agit, en l’occurrence du nerf de la guerre. Dans leurs premières explications, les responsables d’Algérie Poste ont trouvé dans les retraités les boucs émissaires de la crise, leur reprochant de se présenter dans le même créneau temporel pour retirer leurs pensions, provoquant du coup le rush sur les guichets. Pourtant, le nombre de retraités, environ 3 millions, selon le directeur de la CNR, n’a pas changé substantiellement pour provoquer en quelques mois cette tension qui dure à n’en plus finir. Mais toujours est-il que les responsables d’Algérie Poste et ceux de la CNR ont convenu d’un calendrier des versements des retraites et des salaires, étalé sur plusieurs jours, dans l’espoir de faire baisser la tension sur la demande de liquidités. Malgré cette coordination entre AP et la CNR, la situation n’a pas vraiment changé, en témoigne la persistance des longues files décrites plus haut. Si bien que le ministre d’Algérie Poste a profité mardi d’un accord avec son collègue du sport et de la Jeunesse pour enfin faire un demi-aveu. A savoir que « les mesures préventives contre la Covid-19, du fait de l’absence d’un partie du personnel, notamment les femmes et la difficulté de ramassage des fonds au niveau des bureaux a impacté la fluidité de l’opération, depuis le début de la crise », a tenté de convaincre Brahim Boumzar. Face à la persistance de la crise, c’est le Premier ministre himself qui est monté mardi au créneau pour instruire son ministre de « régler une bonne fois pour toute cette crise ». Qu’un premier ministre s’en mêle, alors qu’il a actuellement trop de chats à fouetter est à tout le moins le début du commencement d’une preuve que le problème est bien plus profond que les explications techniques des responsables d’AP. En effet, les Algériens à en juger par ce qui s’écrit sur les réseaux sociaux croient dur comme fer que le gouvernement cache la vérité est que cette crise des liquidités n’est qu’un des aspects de la crise économique et que par conséquent, elle ne va pas se résoudre, mais s’exacerber dans les prochains jours. Il y’en a qui voient dans cette affaire les conséquences de la dévaluation en catimini du dinars » qui pour la petite histoire est passé hier sous la barre psychologique de 150 dinars pour un Euro au taux officiel de la Banque d’Algérie . Et si cette pénurie n’annonce pas le dessein qu’on prête au gouvernement, à savoir un projet de changement de monnaie pour obliger les détenteurs de l’argent informel à le mettre dans le circuit bancaire ? Autant d’interrogations alimentées par cette pénurie chronique des liquidités qui pourrait être le signe de quelques choses de plus profond que les explications échevelées des responsables d’Algérie Poste.

 H.Khellifi  

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