Stora et l’histoire

02 Aoû 2020
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De nombreux observateurs et acteurs institutionnels en Algérie ont applaudi à tout rompre l’annonce par le président Tebboune de la mise en place d’une «commission mixte» chargée de proposer une voie pour le règlement du contentieux historique entre l’Algérie et la France et aboutir à la paix des mémoires. Sauf que cette annonce semble valoir uniquement par son effet d’....annonce ! Le premier couac est que l’historien français Benjamin Stora a soutenu publiquement qu’il n’a jamais été question d’une «nomination» encore moins d’une «commission mixte» au sein de laquelle il. est censé travailler avec son homologue algérien , Abdelmadjid Chikhi qui lui, a été dûment nommé par le président Tebboune. Il y a donc clairement une sorte de dialogue de sourds entre Alger et Paris. Pour Stora, sa mission consiste uniquement à pondre une «réflexion» à la demande expresse du président Emmanuel Macron. Il a tout de même concédé que ce dernier est «prêt à aller loin» dans la perspective de la réconciliation entre les deux pays, dans une déclaration hier à RMC. Il en en veut d’autant plus que l’Algérie est un pays «qui compte en Méditerranée, en termes de stratégie et de géopolitique». L’historien bien connu reconnaît à juste titre que le travail de mémoire avec l’Algérie est «un enjeu considérable pour la France» du fait que «ce qu’on appelle la guerre d’Algérie touche des millions de personnes dans leur cœur et leur mémoire». Pour autant, Benjamin Stora lâche, peut être sans le vouloir, une petite phrase qui en dit long sur la stratégie de négociation voire l’arrière- pensée de la France Macronnienne. « Emmanuel Macron pourrait y arriver (à la réconciliation algero-francaise ndlr) sans passer par des excuses», glissa Benjamin Stora sur le plateau de RMC. Autrement dit, l’historien qui devra remettre au président français des recommandations sur «les gestes à effectuer et les actions à engager dans les mois et années à venir» n’a pas l’intention d’y joindre les excuses françaises pour les crimes coloniaux comme l’exigent de larges secteurs de l’opinion en Algerie. C’est dire que la «nouvelle page» que Macron veut écrire avec Tebboune sur le passé et le passif colonial, risque d’être en deçà du minimum exigé par les Algériens. A sa décharge, Benjamin Stora a reconnu auparavant, que l’écriture commune de l’histoire de la colonisation est «très difficile», car, explique-t-il, «chaque rive a une vision différente de la colonisation». In fine, «vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà«, pour paraphraser Pascale. Les formules courtoises de Tebboune à l’endroit de Macron, risquent de s’avérer de doux leurres face à la réalité de cet épineux contentieux qui entrave l’avancée vers des relations saines et sereines entre les deux pays. 

 Imane B  

Dernière modification le samedi, 01 août 2020 22:04
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