Paris revient à… Alger

15 Oct 2020
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Il se confirme de plus en plus que l’Algérie redevient l’acteur diplomatique régional incontournable qu’elle a toujours été dans le règlement des confits et des crises qui agitent la sous région du Maghreb et du Sahel. L’arrivée aujourd’hui, à Alger du chef du Quai d’Orsay, Jean Yves-le-Drian, pour la troisième fois depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune en décembre 2019 le confirme. Bien que rien n’a filtré sur l’objet de sa visite, il est lisible de deviner qu’elle s’inscrit dans le cadre du processus de règlement des crises au Mali et en Libye. La France qui dispose de gros intérêts dans la bande sahélo-sahélienne notamment au Niger tient absolument à les sécuriser. Et pour se faire, elle sait qu’elle ne pourra pas faire l’économie d’un appui de l’Algérie face à la menace terroriste et des narcotrafiquants. Plus encore, Paris fait face désormais à une concurrence accrue de la Chine dans la région à travers des projets d’investissements et risque à terme de lui enlever son « pré carré». Le Drian sait aussi que les nouvelles autorités maliennes issues du coup d’état contre Ibrahim Keita, ont déjà annoncé leur attachement aux « accord d’Alger» dans le règlement de la crise avec le mouvement Azawad du nord. S’agissant de la Libye, le périmètre d’intervention de la France parait encore plus rétréci tant quasiment toutes les puissances du monde sont présentes sur le terrain et disposent de chevaux de Troie. Américains, Russes, Anglais, Turcs, Italiens, sont à pieds d’œuvre dans ce pays ouvert aux quatre vents en plus des égyptiens et des émirats qui sponsorisent publiquement leur poulain le maréchal Khalifa Haftar. Il n’est un secret pour personne que la France a perdu pied en Libye face aux mastodontes russes et américains et à un degré moindre les turcs. S’agit donc d’un retour à de meilleurs sentiments en s’alignant sur la position de principe d’Alger en faveur d’un dialogue inclusif entre les différentes parties en conflit faute de pouvoir s’imposer entre russes et américains ?  Possible. Une chose est certaine, la France risque de laisser des plumes aussi bien au Mali qu’en Libye. A moins qu’elle ne souscrive et s’inscrive dans la démarche diplomatique de l’Algérie en arrêtant d’attiser le feu au Mali qui est notre profondeur stratégique.    

 Imane B  

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