Urgences

06 Jan 2021
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Des évènements, à priori sans liens entre eux, s’accélèrent en Algérie et laissent supposer que le pouvoir voire le système plus exactement, s’apprête à opérer des révisions, parfois déchirantes, dans la façon de gérer la situation devenue préoccupante et potentiellement menaçante. L’annonce par le ministre des Finances de la révision de la politique des subventions à partir du premier semestre de l’année en cours, confirme une réalité têtue : la situation financière économique du pays est désormais intenable même à court terme. Et c’est là justement le plus grand danger qui menace la stabilité du pays. L’Algérie qui fait face à une fonte inexorable de ses recettes pétrolières et une panne économique induite par la pandémie du Covid-19, est en effet mise en demeure de changer de politique au risque de percuter frontalement l’iceberg. Maintenant que le Président s’est remis de sa maladie, que le système s’est débarrassé du lourd dossier des détenus de la prison militaire de Blida, il est fort à parier que les prochains jours, ou semaines, seront annonciateurs de décisions. Le système semble avoir réglé ses équilibres internes qui ont clairement contrarié son action. Désormais, il n’y a plus de subterfuges à faire valoir pour justifier la permanence du statuquo à tous les niveaux. La situation générale du pays n’autorise plus les atermoiements et autres faux-fuyants. En l’occurrence, il y a urgence de détendre l’atmosphère sociale et politique en procédant à des décisions fortes comme la libération des détenus d’opinion. Face aux menaces sérieuses (guerre au Sahara Occidental) qui pèsent à nos frontières en feu, et les recompositions géopolitiques défavorables (normalisation entre le Maroc et Israël, reprises des relations entre le Qatar et l’Arabie Saoudite...) notre pays n’a pas d’autres choix que de restaurer le calme et la sérénité ici et maintenant. Il va sans dire que le tableau de bord économique est loin d’être clinquant alors même que des milliers de familles ont rejoint, le Covid aidant, les bataillons des nouveaux nécessiteux qui attendent des gestes de l’État. Faut-il rappeler qu’il sera absolument impossible aux autorités de mobiliser ces laissés-pour-compte dans l’optique de dresser un front intérieur fort face aux élancées extérieures diffuses. Pis encore, ces populations vulnérables, risquent même d’être des bombes a retardement qui exploseront à la figure des décideurs dans un contexte, le moins que l’on puisse dire, exécrable. C’est dire qu’il y a des urgences signalées qui doivent être sérieusement prises en charge.

 Imane B. 

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