Cap sur les élections     

09 Jan 2021
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L’option des élections législatives et locales anticipées d’ici quelques mois, est désormais confirmée. En réunissant avant-hier les membres de la commission Laraba et ceux de l’autorité nationale des élections de Charfi, le président Tebboune signifie que le processus est bel et bien engagé et que cette double échéance électorale est actée dans l’agenda politique. Le chef de l’État qui avait ordonné à la commission Laraba depuis l’Allemagne, de préparer dans «10 ou 15 jours» un projet de loi organique au régime électoral, est en effet passé avant-hier au stade de la concrétisation du projet à travers les orientations qu’il a données à la commission. Il lui a notamment demandé de concevoir un texte qui tienne compte de son engagement de «moraliser la vie politique et de tenir le processus loin de l’influence de l’argent tout en ouvrant la voie à la participation aux jeunes et à la société civile pour participer à la prise de décision à travers les institutions élues». C’est en quelque sorte une feuille de route que la commission est tenue de suivre dans la conception du projet de loi. A la commission Charfi, Abdelmadjid Tebboune a demandé de veiller à garantir des élections «transparentes qui traduiraient réellement la volonté du peuple». Le président Tebboune a par ailleurs ordonné que l’avant-projet soit distribué aux partis politiques pour « enrichissement «avant l’élaboration de la mouture finale. Voilà qui renseigne au moins sur deux choses : la première est qu’il  y aura bien des élections anticipées même si politiquement rien ne presse du fait que l’on soit à une année de la fin de la législature (2022). La deuxième est que, pour le pouvoir, il n’y a point de crise politique et qu’il ne compte pas changer de cap dans la conduite des affaires comme le réclament l’opposition et les figures de proue du Hirak. Autrement dit, les élections restent comme par le passé l’unique instrument de «changement» aux yeux des partisans de la «nouvelle Algérie». Sans doute que les décideurs ont jugé que le Hirak est mort de sa belle mort et que les partis y compris ceux de l’opposition seront contraints de participer aux législatives au risque de disparaître des radars pendant cinq ans. Et en prenant part à ce double scrutin, ils cautionneront de fait les options politiques du pouvoir et par voie de conséquence se discréditeront aux yeux du peuple qu’ils prétendent représenter. C’est dire tout compte fait, que le pouvoir va mettre la classe politique réfractaire dans une inconfortable position de devoir divorcer d’avec la doxa politique du Hirak et de s’inscrire dans une stratégie de calcul électoraliste qui légitime bien malgré eux la feuille de route du pouvoir. Le choix est donc terriblement coûteux pour les partis de l’opposition entre s’accrocher à leurs principes puisés des idéaux du Hirak au risque de disparaître de la carte politique, ou participer aux élections et donner ainsi un blanc seing à la «nouvelle Algérie» de Tebboune. Les Algériens seront appelés une nouvelle fois à trancher politiquement entre la volonté présidentielle d’imposer une feuille de route, et celle de l’opposition et du Hirak de renégocier les termes d’un nouveau contrat politique.

 Imane B. 

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