Banalisation

28 Jan 2021
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L'horrible et épouvantable assassinat de la journaliste de la télévision nationale, (TV4) Tinhinane Laceb par son époux, rallume une nouvelle fois les feux de détresse de notre société devenue sans pitié. La mort rôde décidément partout. Aucune catégorie sociale ou professionnelle n'échappe à l'implacable réalité d'un pays où l'on meurt de tout et de rien. Même des gens qui sont, à priori, sans antécédents particuliers et d'un niveau intellectuel élevé qui plus est, peuvent avoir ces pulsions horribles. Mortelles. Mais au-delà du choc de cet odieux acte commis par un homme sur sa propre femme, c'est surtout cette dangereuse banalisation de la mort qui inquiète dans notre pays. On n'hésite plus à tuer même pour des motifs insignifiants. La vie humaine n'a plus de sens tant les rancunes et les rancœurs sont à ce point prégnantes. Les cœurs se sont empierrés. Tout ou presque est cher en Algérie sauf, comble du paradoxe, la vie de l'homme ou de la femme. Avons-nous donc développé un instinct de violence extrême qui nous a été inoculé comme un virus résiduel de la décennie noire ? Certes ce genre de crimes crapuleux existe dans tous les pays du monde et aucune société humaine n'échappe à ce phénomène. Mais force est de constater que, chez nous, il prend des proportions alarmantes telles, qu'il serait dommage de le verser, sans état d'âme, dans la rubrique des faits divers. Pour cause, l'Algérien vit ces dernières années dans un environnement hautement anxiogène. Pas de logement et pas de travail pour certains. Pour d'autres, même mariés, ils font face à des difficultés sociales ou conjugales extrêmement délicates. La pression monte de plusieurs crans et les nerfs cèdent facilement dans une société sans pitié. Il va sans dire que la situation générale du pays avec la double crise économique et sanitaire ont sans doute lourdement et négativement impacté le moral, déjà en berne, des millions d'Algériens. Il n’y a certes jamais de risque zéro, mais les pouvoirs publics doivent urgemment donner, avant qu'il ne soit trop tard, des perspectives prometteuses au pays, pour éviter que la violence sociale ne devienne épidémique.

Imane B. 

 

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