Petits gestes...

01 Fév 2021
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L’élargissement hier, du jeune Walid Kechida même après sa condamnation à une peine d’une année de prison ferme dont six mois sursis, est un motif d’espoir. Un espoir que le pouvoir a fini par comprendre que sa politique ne mène qu’à l’exacerbation des rancœurs et à l’éloignement de toute perspective de règlement de la crise politique. Cette mesure pourrait en effet amorcer une détente entre le pouvoir accroché à sa feuille de route et le Hirak qui s’estime grugé après une année de haute lutte qui avait mis Bouteflika et sa clique hors course. Il faut donc espérer que la libération de Walid Kechida sera suivie, ces jours-ci, de celles d’Ali Ghediri, de Khaled Drareni, de Rachid Nekkaz et d’autres détenus d’opinion dont les emprisonnements sont loin d’être fondés sur des motifs sérieux. Le pouvoir qui table sur un double scrutin législatif et local dans les prochains mois, sait qu’il lui sera impossible de convaincre les Algériens d’aller voter. Du coup, il est désormais acculé à lâcher du lest en consentant des mesures de détente pour remobiliser le peuple et lui donner du rêve en ces temps d’incertitudes. Il est significatif de noter que cette vague de libération des détenus d’opinion coïncide avec le retour en grâce des ex-responsables de l’appareil sécuritaire qui avaient été limogés et pour certains emprisonnés et humiliés, par feu Gaid Salah, parce que ne s’inscrivant pas dans sa vision des choses. Ces changements semblent annoncer une nouvelle stratégie politique qui prône l’apaisement en vue de refermer l’approche ultra répressive qui aura installé une tension permanente dans le pays depuis plus d’une année. A vrai dire, l’Algérie n’a plus le choix que de mettre de l’ordre chez elle. Avec un environnement immédiat extrêmement tendu (la normalisation entre le Maroc et Israël, l’instabilité au Mali et en Libye...), la crise sanitaire couplée à la crise financière qui met notre économie en panne sèche, il est pour le moins suicidaire de poursuivre cette stratégie du tout sécuritaire. Il faut donc espérer que les décideurs aient tiré les leçons des dérapages post-22 février. Et au moment où certaines parties appellent à la reprise du Hirak à l’occasion de la commémoration du 2ème anniversaire des manifestations du 22 février, les tenants du pouvoir seront mieux inspirés d’anticiper cette (mauvaise) éventualité en libérant tous les prisonniers et en prenant des mesures d’apaisement qui redonneront de l’espoir que les choses pourraient changer dans le bon sens sans revenir aux manifestations de rue en pleine pandémie du Covid-19.

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