Le cancer, l'autre Corona...

06 Fév 2021
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La pandémie du Covid-19 a mis le monde entier et l'Algérie en état d'alerte maximum. Depuis une année, la vie est devenue un enfer. Le terrible virus qui rôde partout fait peur. Il nous a obligé à revoir notre train de vie, à limiter au strict minimum nos échanges et nos activités. Pourtant, si l'on examine le nombre de victimes du Covid-19 (un peu plus de 2000 personnes en une année) force est de constater que notre pays s'en sort plus ou moins bien par rapport à nos voisins, Tunisiens et Marocains à titre d'exemple. Au fil des mois, nous avons appris, contraints, à vivre avec en prenant le maximum de précautions requises même si, il est vrai, nous sommes loin d'être de bons exemples à suivre en la matière. Ne voilà-t-il pas cependant qu'il y a un autre virus silencieux et autrement plus létal qui tue par milliers en Algérie sans que l'on ne s’en rende compte. Le cancer ! Le nombre de personnes atteintes de cette horrible maladie s'est malheureusement métastasé. Jugez-en : durant l'année 2019, pas moins de 50.000 cas ont été diagnostiqués et, hélas, au moins 20.000 d'entre eux ne sont plus de ce monde. Ce sont les chiffres communiqués jeudi par le Pr Kamel Bouzid, chef de service oncologie au CHU Mustapha Bacha, à Alger. Il a précisé que le cancer du sein qui touche essentiellement la femme (il touche aussi les hommes) arrive en première position avec pas moins de 12 000 cas ! Des chiffres qui font peur évidemment. Mais le plus inquiétant est de savoir que cette tendance haussière va se poursuivre selon le professeur Bouzid qui intervenait sur les ondes de la radio nationale. Il nous apprend en effet que d'ici 2025, il sera enregistré chaque année pas mois de 60.000 nouveaux cas de cancer et que le nombre franchira la barre des 70.000 cas à l'horizon 2030 ! Le professeur Bouzid impute cette flambée du nombre de victimes du cancer aux graves déficits du budget consacré à l'importation des médicaments nécessaires au traitement rapide des tumeurs. Autrement dit, les malheureux patients, notamment ceux qui sont de modestes conditions sociales, meurent à cause du manque de médicaments qu'ils ne peuvent se payer via le circuit informel comme peuvent se le permettre les familles riches. Il faut savoir en effet qu'une seule prise de ce traitement se chiffre à 6000 euros alors qu'il en faut 12 prises conformément au protocole thérapeutique. Le Pr Bouzid déplore le fait que la caisse nationale de la sécurité sociale consacre chaque année 30 millions d'euros pour payer les prestations de ses homologues françaises et belges, alors que cet argent aurait pu aller vers les hôpitaux publics et privés qui auraient pu se procurer les anti cancer. Fatalement, la majorité des Algériens atteints de ce fléau du siècle, n'ont plus rien à faire sinon d'attendre, douloureusement, que la mort suive, qui, ironie du sort, s'apparente souvent à une délivrance pour eux et pour leurs familles.

Imane B.

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