Le Hirak, le musée et la momie

13 Fév 2021
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A moins de 10 jours de la commémoration du deuxième anniversaire du mouvement populaire, qui détrôné Abdelaziz Bouteflika, après 20 ans de règne sans partage, même si depuis 2013, son impotence a été mise à profit par son clan pour diriger en son nom, Abdelkader Bengrina s’offre une tribune dans des médias, qui lui sont proches, pour proposer que le parvis de la grande poste à Alger soit baptisé place de la liberté et transformé en un musée du Hirak. Rien que ça ! Le transfuge du MSP, qui avait siégé au Conseil national de transition, organe législatif créé en janvier 1994, après la dissolution de l’APN, avant d’occuper le poste de ministre du Tourisme, voudrait donc remettre le Hirak au musée. Sans le dire clairement, préférant s’exprimer d’une façon sournoise, qui ouvre la voie à plusieurs interprétations, il le laisse suggérer tout de même. Une attitude tout à fait conforme aux desseins de cet islamiste et adepte des confréries, qui a, semble-t-il, oublié que deux mois avant le 22 février 2019, il était parmi les soutiens à un 5ème mandat, avorté par ce Hirak qu’il propose de momifier. Et une maladresse de plus à mettre sur le compte du candidat malheureux aux élections présidentielles du 12 décembre 2019. Les Algériens ont en mémoire la conférence de presse conjointe avec Djamel Ould Abbès, que les deux hommes avaient animée dans le cadre de la promotion au 5ème mandat. Il est donc inutile d’y revenir pour extraire le « conflit psychologique » auquel sont soumises certaines personnalités politiques, qui voudraient en finir avec un mouvement populaire ayant mis à nu leur duplicité et leur fourberie. Si l’Algérie est aujourd’hui menacée, ce n’est certainement pas la faute de ces milliers de citoyens qui sont sortis un certain 22 février 2019 pour réclamer le départ de la « Issaba » et le retour à la légalité. Mais à cause de l’incapacité d’une grande partie de cette classe politique, qui a délibérément abandonné ses missions originelles pour s’embarquer dans les méandres clientélistes, conjoncturels et éphémères. Paternalistes plus que jamais, Bengrina et consorts refusent aujourd’hui de regarder la réalité telle qu’elle est. Pire, ils s’obstinent à occuper des espaces, alors qu’ils savent pertinemment qu’ils ont perdu toute crédibilité. En termes de mobilisation et d’ancrage social, leur déficience est totale, mais ils s’entêtent à voir ailleurs que de reconnaitre le échec consommé depuis un certain temps. Figés dans leurs conceptions erronées, ils se sont momifiés sans qu’ils ne se rendent compte.

Mohamed Mebarki    

 

Dernière modification le vendredi, 12 février 2021 21:17
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