Comme au 1er jour

17 Fév 2021
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Des milliers de Hirakistes venus de partout ont rallié Kherrata, pour célébrer comme il se doit le deuxième anniversaire du mouvement populaire, né un certain 16 février dans cette localité historique par excellence, avant de s’étendre le 22 du même mois à tout le pays. Pour la plupart des citoyens anonymes, réunis autour des mêmes revendications, les manifestants ont scandé les slogans habituels du Hirak, brandissant le drapeau national, mais aussi l’emblème amazigh dans une totale convivialité. Appréhendée à juste titre d’ailleurs en raison des risques de dérapage, qui pouvaient avoir lieu, la marche s’est enfin déroulée sans aucun incident à déplorer. Une fois encore, les Algériens ont prouvé leur conscience élevée et leur maturité politique, en honorant symboliquement un rendez-vous qui a rassemblé toutes les tendances au-delà des divergences idéologiques et culturelles. Parmi la foule des manifestants, la présence de Karim Tabbou, Mustapha Bouchachi, Zoubida Assoul et Mohcine Belabbas n’est pas passée inaperçue. Considérées comme étant des figures de proue du Hirak, ces personnalités n’ont manifesté aucune attitude de leadership. Bien au contraire, elles ont tenu à se fendre dans la masse, envoyant un message clair à tous ceux qui les soupçonnent de nourrir des velléités d’ascendance. Maintenant, si des Algériens les considèrent comme de potentiels représentants du mouvement populaire et par conséquence des interlocuteurs valables du pouvoir, ça reste un avis et une opinion, qui ne pourraient en aucun cas être imposés à ceux qui ne partagent pas cette idée. La société algérienne est ainsi faite. Plurielle, elle est en train aujourd’hui de manifester sa diversité dans l’union. Ce constat fait par des intellectuels, que l’on ne peut pas taxer de pro-Hirak est symptomatique du niveau de conscience patriotique atteint par les Algériens, qui sauront le cas échéant faire obstacle à toutes les tentatives d’ingérence. A Kherrata, ils ont démontré leur attachement à l’unité nationale telle qu’elle est assimilée par des générations, depuis les premières résistances populaires à l’invasion française. Cet aspect positif est un bon signe pour l’avenir, pourvu que la classe politique dans son ensemble arrive à dépasser ses contradictions mortelles et l’inclure dans une nouvelle dynamique politique porteuse d’espoir. Est-ce possible, l’avenir proche nous le dira. Les milliers de marcheurs, qui ont brandi les portraits de Khaled Drareni, Rachid Nekkaz et Brahim Laâlami entres autres sont suffisamment imprégnés des valeurs patriotiques. A la classe politique de faire son autocritique et de s’inspirer de cet élan. Pour cela, il faudrait que les partis changent radicalement de méthode en se tournant vers la société, s’ils veulent vraiment avoir un ancrage populaire et une dimension nationale. Vue sous cet angle, la marche de Kherrata pourrait servir de départ à un véritable consensus en mesure de donner un « coup » d’accélérateur à cette « Algérie nouvelle », qui peine à démarrer, non pas par la faute de ses initiateurs, mais en raison de plusieurs interférences que les hautes autorités du pays ont sûrement identifiées.

Mohamed Mebarki

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