Est-ce suffisant ?

20 Fév 2021
1458 fois

Le président Tebboune a décidé, lors de discours à la Nation jeudi soir, de quelques mesures censées détendre l’atmosphère générale du pays et apaiser les Algériens. Quelle chance ces mesures peuvent-elles atteindre l’objectif recherché par le pouvoir à quelques jours de la célébration du deuxième anniversaire du Hirak du 22 février 2019 ? Sont-elles suffisantes pour calmer les esprits surchauffés ? Sans doute que tous les Algériens ont accueilli avec un immense soulagement la libération d’une bonne partie des détenus du Hirak. C’est en effet l’une de ses revendications phares. Mais, et après ? Parce que les millions d’Algériens qui étaient sortis il y a deux ans l’avaient fait pour imposer un changement du système, le renvoi de ses hommes et le bannissement de ses serviteurs et de ses méthodes qui ont plombé le pays des décennies durant. Est-il, de ce point de vue-là et à l’aune de ce qui a été annoncé comme mesures, raisonnable de croire que le pouvoir a enfin compris ce qui doit être fait ? Autrement dit la dissolution de l’Assemblée populaire nationale et la convocation des législatives anticipées constituent-elles la solution miracle pour sortir de l’impasse politique ? De l’impasse systémique ? La réalité est que l’électoralisme n’a jamais été un instrument du changement en Algérie, bien au contraire. Tout au plus le pouvoir a procédé tactiquement au ravalement de sa façade en recrutant une nouvelle clientèle politique. C’est un peu comme mettre un cautère sur une jambe de bois. C’est que, fondamentalement, l’équation politique algérienne reste entière. Le système rechigne à accepter sa mise à mort, même par doses homéopathiques. Le remaniement du gouvernement ne peut pas être non plus une solution quand la confiance citoyenne fait terriblement défaut. Pourquoi donc s’entête-t-il à jouer avec le feu en maintenant sa mainmise sur le pays alors même que tous les voyants internes et externes sont passés au rouge ? Pourtant, il est pris lui-même en flagrant délit de corruption puisque des dizaines de ses fidèles serviteurs entre Premiers ministres, ministres, hauts responsables civils et militaires dont des généraux se retrouvent aujourd’hui derrière les barreaux. A dire vrai, c’est le système qui a peur d’une nouvelle Algérie, la vraie, au sein de laquelle la force reviendra uniquement à la loi. On l’aura bien compris, pour le système qui tient le pays en otage depuis 1962, la question se pose en termes de survie. Il faut donc être un fieffé naïf pour le croire capable de céder facilement le pouvoir à ces millions d’Algériens qui réclament encore à Kherrata et à Khenchela... l’indépendance.

Imane B.   

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85