Silmya, silmya !

23 Fév 2021
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Le Hirak est de retour. Les Algériens ont renoué avec leurs marches populaires dans le même état d’esprit qui les animait depuis la manifestation inaugurale du 22 février 2019 ? Les mêmes slogans, la même mobilisation et surtout le même pacifisme. La trêve sanitaire qu’ont connue les marches en raison de la propagation de l’épidémie de coronavirus, et qui a duré une année, n’a pas altéré leur volonté de peser sur l’avenir politique de l’Algérie. Ils sont sortis par milliers dans les principales villes du pays. Une véritable démonstration d’abnégation et de persévérance qui a lieu dans la sérénité, malgré quelques incidents, dont l’agression qui a visé Rachid Nekkaz à Mostaganem. A Constantine, à Mila, à Sétif, à Annaba, à Alger, à Oran, à Tizi ou à Béjaïa, les marcheurs ont fait preuve d’un haut degré de conscience en faisant tout pour ne pas entraver le mouvement des citoyens vaquant à leurs occupations quotidiennes. Le 22 février 2021 fut une journée test à tous les égards ; et le Hirak en est sorti grandi, au point de faire dire à certains observateurs, que le mouvement populaire algérien est en voie de devenir un régulateur dont le poids politique serait plus lourd que celui de l’ensemble des partis, qu’ils soient alliés au pouvoir ou dans l’opposition. Unique dans son expression plurielle, il est en train de changer le mode de pensée de toute une génération, qui a renoué de façon spectaculaire avec l’intérêt public, après plus de deux décennies d’indifférence. Il s’agit bel et bien d’une dynamique historique, qui a réussi en premier lieu à faire reculer le régionalisme. D’Est en Ouest et du Sud au Nord, la « silmya » s’est imposée comme un unique processus pouvant mener vers le changement souhaité sans exposer le pays aux risques du chaos tant redoutés. De ce point de vue, le Hirak est en train de suppléer les défaillances d’une classe politique n’ayant pas résisté aux appels clientélistes ou s’étant enfermée dans un élitisme arrogant et méprisant. Les hautes autorités du pays, qui n’apprécient guère certains slogans qualifiés de nihilistes, sont en mesure d’investir d’autres voies porteuses d’espoir pour ces dizaines de milliers de gens, qui rêvent de voir leur pays se libérer des chaines de la dépendance économique et du sous-développement. Parmi ces voies, l’apaisement et l’ouverture démocratique. En un mot, la « silmya » en tant que processus révolutionnaire et conscient devrait être préservée par tous les moyens de la part des Hirakistes, mais aussi de la part de ceux qui ont en charge les affaires du pays.

 Mohamed Mebarki

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