Les dollars de l’informel

17 Mar 2021
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Pas moins de 6000 milliards de dinars soit environ 60 milliards de dollars circulent dans le circuit informel de l’économie nationale, loin de tout contrôle bancaire. Hallucinant ! Et c’est le grand argentier du pays, Aymen Benderrahmane, notre ministre des Finances qui nous a jetés à la figure cette triste réalité lors d’un séminaire sur la finance islamique organisé par le conseil de la Nation... Rien n’a changé dans la gestion économique du pays. Entre les déclarations d’intention et autres effets d’annonce et la réalité du terrain, il y a une distance kilométrique. Nos ministres se contentent de nous jeter à la figure ces chiffres effarants comme s’ils étaient payés non pas pour trouver des solutions à ces banques souterraines qui captent ces milliards de dollars qui s’échangent au nez et à la barbe des autorités, mais juste à nous en informer. Depuis au moins une dizaine d’années, le même constat est invariablement dressé par les responsables successifs. Et parfois, avec une marge d’erreur de...dizaines de milliards de dollars ! C’est dire... Question à un dinar fortement dévalué : Qu’attend de nous, simples citoyens contribuables, M. le ministre des Finances en nous assénant ces «vérités» que tous les Algériens connaissent depuis des années ? Mais surtout, qu’a-t-il fait en tant que premier responsable de nos sous pour mettre fin à ces banques parallèles qui brassent des milliards de dollars pendant que les bureaux de poste ne trouvent plus de sous pour payer les retraités ? Gouverner, c’est prévoir, mais il semble hélas qu’il n’y a pas de solution à l’horizon. Et ce ne sera sans doute pas la finance dite «islamique» lancée comme un phénomène de mode sous forme d’un remède miraculeux par le gouvernement qui va siphonner l’argent qui coule à flots au Square Port Saïd à Alger, au Cours de la Révolution à Annaba à la Brèche à Constantine et à la place de la Bastille à Oran. Les banques algériennes étant de simples comptoirs commerciaux, il est illusoire d’attendre à ce que les détenteurs de sacs bourrés de fric (souvent pourri) aillent comme par enchantement, les y déposer. Et pour cause ! L’informel en Algérie est une seconde nature. Voire c’est la nature elle-même ! Il tend à devenir une (in) culture de gestion des sous pour cacher des dessous. Mis à part le changement de monnaie, on voit mal comment ces signes du fric peuvent revenir dans le droit chemin...bancaire. Pour eux, ceci est «la yajouz» parce qu’ils ont tout à perdre. Il ne faut évidemment pas leur jeter la pierre eux qui profitent du laxisme de l’État et son incapacité structurelle mais aussi politique à crever un abcès puant pour l’économie nationale. La solution relève in fine premièrement et avant tout du changement de la gouvernance politique que des procédures financières modernes et efficaces ayant fait leur preuve sous d’autres latitudes. En un mot, ce qu’il faut c’est la volonté politique de mettre fin à ce fléau. Le reste n’est que de la petite... monnaie.

  Imane B.

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