Sanctionner la… réussite !

01 Avr 2021
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L’annonce par Kheiredine Zetchi qu’il n’allait pas briguer un deuxième mandat  à la tête de la Fédération  Algérienne de Football (FAF),  lors de l’assemblée générale ordinaire,  a surpris l’opinion publique et pas uniquement les milieux sportifs. Comment, en  effet, un président d’une fédération  qui a réussi à faire gagner à l’Algérie une très belle Coupe d’Afrique des Nations  que tout le pays attendait depuis 29 ans, décide de s’en aller comme si de rien  n’était ? A vrai dire, la surprise s’arrête là. La réalité est que Kheiredine Zetchi a été prié de déguerpir. Sans doute qu’il aurait aimé poursuivre l’aventure au moins pour deux autres mandats comme l’avait fait son prédécesseur Mohamed Raouraoua. Mais contrairement aux règlements et aux jeux d’apparence, un président de la FAF tout comme d’autres postes porteurs de «dividendes politiques»,  est souvent «élu» ailleurs que par l’assemblée générale qui ne fait que valider un choix dicté «d’en haut». C’est la sacro-sainte règle non écrite qui régit le fonctionnement des institutions et des assemblées censées obéir au suffrage universel. On ne laisse rien au hasard. Du coup, ces simulacres d’élections virent presque souvent à des plébiscites où l’heureux élu  est connu avant le passage au vote par la magie du bouche à oreille et le battage des médias mis au parfum. Pourtant, Zetchi avait déclaré, sûr de lui même, il y a quelques semaines qu’il allait postuler pour un second mandat. Mais c’était sans compter sur le jeu de coulisses et les choix «politiques»  qui ne sont pas forcément fondés en termes de performance sportive ou managériale. Faut-il souligner en l’espèce que le patron sortant de la FAF est, quoi qu’en on dise, un exemple de réussite en ayant pu transformer une équipe d’un petit quartier à Hydra (Le Paradou AC) en un club professionnel qui joue les premiers rôles en Ligue 1 et qui exporte des joueurs vers l’Europe dont deux ( Bensebaini et Attal) font le bonheur des Verts de Belmadi ! Pourquoi donc pousser un gestionnaire qui a fait ses preuves (sportives) vers la sortie  qui plus est encore très jeune pour donner une autre dimension au football national ? Le propos ici n’est évidemment pas de défendre Kheiredine Zetchi qui a fait de grosses erreurs par ailleurs. Mais de pointer le manque de crédibilité d’autonomie et des structures décisionnelles censées être régies par la seule force de la loi. A sa charge, Zetchi avait été lui aussi adoubé et installé par la «Issaba» de Said Bouteflika en 2017, alors qu’il y avait de grosses pointures qui auraient pu être élues démocratiquement par la famille du football. C’est donc l’arroseur qui se voit arrosé. Eh oui ! La politique et le football se confondent tellement chez nous. Résultat : on peut primer l’échec et sanctionner la réussite !  

 Imane B.   

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