Le bourrage des urnes en Algérie

Le témoignage accablant de l’ex-wali d’Oran

10 Avr 2014
4427 fois

Le trucage des élections est un « sport national » qui se pratique non pas uniquement sous l'ère Bouteflika, mais bien avant. Les Algériens se souviennent du raz de marrée du RND en 1997 alors qu'il n'avait que trois mois d'existence. Mais cela n'a pas empêché  le  « bébé né avec des moustaches » de rafler toutes les assemblées élues, de gré ou de force. Une fraude massive et généralisée consignée dans le rapport Mazzouzi du nom du député FLN qui a fui avec ce fameux rapport. L'ex-wali d'Oran, Bachir Frik vient de rajouter une couche en livrant un témoignage inédit sur la fraude qui avait caractérisé les élections municipales de 1990, les législatives de 1992 et la présidentielle de 1995. Dans la première partie du programme d'Echourouk TV  « Al Halka El Mafqouda » (le chaînon man quant), l'ex-wali livre des témoignages de première main. Il soutient ainsi que le FIS avait gagné à la majorité écrasante lors des municipales de 1990 en « toute transparence ». Bachir Frik révèle que Mouloud  Hamrouche, alors chef du gouvernement, « vous êtes les mouhafedhs du FLN avant d'être des walis. Vous êtes responsables du vote et des résultats ».Pour M. Frik ce fut « une invitation claire à la fraude ». Il soutient également que le découpage des circonscriptions électorales constituait déjà une « fraude anticipée  pour empêcher le FIS de gagner ». « L'important pour Sid Ahmed Ghozali c’était de faire gager les démocrates  au détriment du FLN et du FIS », estime Bachir Frik. Et d'ajouter : le général Larbi Belkheir alors ministre de l'Intérieur m'a dit ceci : l'intérêt de l'Etat impose d'arrêter la vague du FIS au deuxième tour des législatives ». L'ex-wali d'Oran révèle par ailleurs que  les walis et les administrations « ont tout fait » pour assurer l'élection de Liamine Zeroual en 1995, croyant à ce moment là qu'il était « dans l'intérêt du pays ».

“On a récolté les signatures à Sadi et Boukrouh...”

Et à Bachir Frik de témoigner que se sont les walis qui ont rassemblé les signatures au profit de Said Sadi et Boukrouh. « Nous avons en tant que walis recueilli des signatures de parrainages au profit de Said Sadi et Nourredine Boukrouh pour qu'ils soient candidats à la présidentielle de 1995 ». Autre révélation non moins sulfureuse de Bachir Frik concernant le référendum sur la constitution de 1996. « Ahmed Ouyahia m'a contacté durant la journée du référendum et m'a demandé  de baisser le taux de participation « parce que, m'a-t-il dit,  « le taux de 75% à Oran ne rend pas service au pays ». L'invité d'Echourouk a par ailleurs reconnu qu'il « nous a été demandé en tant que walis d'aider à la création du parti RND et de le faire gagner ». Des révélations croustillantes dont tout le monde a pu entendre quelques bribes mais qui prennent toute leur importance quand elles sont faites par un haut responsable qui souhaite soulager sa conscience.

Hamid Merakchi

Évaluer cet élément
(0 Votes)

Quotidien indépendant d’information édité par la E.U.R.L. Hippone Edition et Communication.

Rédaction & Publicité : 6, Place Tarek Ibn Ziad - Annaba

Rédaction: Tél & Fax : 038.45.90.15

Publicité: Tél-Fax : 038 45.90.16

Bureau de Constantine : Maison de la Presse Tél/fax: 031.61.60.79 

Bureau de Souk-Ahras : 8, place de l’Indépendance (ex place Thagaste )
Tél - fax : 037 31.08.53

Bureau de Skikda : 6, Rue Mostefa Benboulaïd  - Tél : 038 76.57.85