Face à la multiplication des mouvements sociaux

L’Etat brandit sa main lourde

12 Fév 2018
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La multiplication des conflits sociaux et autres mouvements de grèves notamment dans les secteurs stratégiques que sont l’Education et la Santé publique ont fini par faire réagir les pouvoirs publics. Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali a convoqué hier tous les syndicats autonomes de la Fonction publique, à une réunion extraordinaire pour plancher sur cette grogne sociale qui menace l’ordre public. Le gouvernement qui a longtemps fait le dos rond face à la cascade d’arrêts de travail  a décidé de sévir contre ces grèves qui font boule de neige. Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, a donc organisé cette réunion «extraordinaire» avec les responsables des syndicats autonomes du secteur public  pour les sensibiliser sur les risques encourus.«Aucun syndicat n’a le droit de se jouer de l’avenir des générations, et tout le monde doit se conformer aux décisions de la Justice ! » a tonné le ministre à l’endroit des syndicats dans une allusion évidente à ceux de l’Education (CNAPESTE) et de la santé (paramédical et praticiens spécialistes). Mourad Zemali qui a sans doute été mandaté par le Premier ministre semblait vouloir faire comprendre à ses interlocuteurs que c’est la fin de la récréation et que l’Etat allait sévir contre « les fauteurs de troubles». «Les partenaires sociaux  sont tenus d’adopter le dialogue et la négociation collective pour régler les conflits», a –t-il asséné.  Et de brandir le carton rouge : «Nous ne tolérerons aucune grève qui puisse  porter atteinte au service public,  à l’économie nationale et àl’entreprise ! ». Le message est limpide : les pouvoirs publics ne supportent plus ces mouvements sociaux successifs  qui mettent le gouvernement dans une position inconfortable et ce, à un peu plus d’une année de l’élection présidentielle. En effet, ce climat social délétère rend forcément vicié les perspectives politiques qui semblent  brouillées par des incertitudes. L’Etat a donc décidé de brandir le bâton pour espérer ramener la paix sociale et mener son agenda politique. Mais les choses risquent de ne pas aller comme prévu. En effet, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia a annoncé samedi dernier ce qui s’apparente à une bombe à retardement.En évoquant l’intention du gouvernement de mettre fin aux subventions des prix des carburants et peut-être même des certains produits alimentaire, à partir de 2019,  d’après l’agence Reuters, il a installé une grosse peur au sein de la population. Une commission de ciblage des subventions a d’ailleurs été installée, hier. Sur quel critère va-t-on décidé qui va bénéficier des subventions ? Quels seront les produits concernés ? Mystère. Le fait est que le ministre des Finances a fait son annonce à Dubaï en marge de la réunion entre les ministres des Finances arabes et le Fonds monétaire international (FMI). Il a notamment rappelé que l’État subventionne une large variété de biens et de services comme l’électricité, le pain ou encore l’huile. Abderrahmane Raouia a justifié cette annonce par le fait que l’État vise à éliminer son déficit budgétaire d’ici trois à quatre ans. Ce qui pourrait signifier que la levée des subventions toucherait aussi le gaz, l’électricité, voire même la semoule. Son collègue de l’Energie, a pratiquement dit la même chose hier à Alger. Autant dire qu’il sera dur, vraiment dur au gouvernement de négocier une trêve sociale alors même qu’il envisage de mettre sa main à la poche de ménages.

Imane B

Dernière modification le dimanche, 11 février 2018 20:38
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