Les élèves tranchent à 61%

Le bac reporté

14 Mar 2018
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Ni le ton extrêmement « violent » du communiqué rendu public, avant-hier, par le Cnapeste, en dépit de la couverture faussement réconciliatrice dans laquelle il est enrobé, ni l’appel lancé par le syndicat aux hautes autorités du pays, n’ont eu raison de la fermeté de Mme Nouria Benghebrit. Prenant bien soin de ne pas tomber dans le « traquenard » politicien vers lequel voulait l’entraîner sournoisement le syndicat, la ministre de l’Education nationale est restée de marbre, en limitant le débat aux aspects purement disciplinaires. Pour elle, les salaires des jours de grève seront retenus, conformément à la loi en vigueur et sans le moindre état d’âme. « Chaque enseignant gréviste doit assumer sa responsabilité, car ce débrayage a déstabilisé les élèves et obligé les parents à recourir aux cours particuliers », a-t-elle déclaré, en soulignant qu’elle n’était pas prête à se soumettre au diktat et au fait accompli. «  Le ministère a insisté dès le début sur le caractère irrévocable de la décision de ponction sur les salaires des grévistes », a-t-elle insisté, avant de rappeler que « les enseignants savent depuis 2014 que toute grève entraine une ponction sur salaires conformément aux lois en vigueur ». Abordant la réunion qui s’est tenue dimanche dernier, entre le ministère de l’Education nationale et le Cnapeste,  elle a rappelé les deux points abordés, à savoir la question des ponctions sur les salaires des grévistes et la promotion des enseignants. Pour ce qui est du premier point, Mme Nouria Benghebrit a tenu à signaler que le syndicat a refusé la proposition du ministère consistant à procéder à une ponction échelonnée des 10 jours restants et a demandé une annulation totale de la procédure. Ce qui est, aux yeux de la ministre, inacceptable. Evoquant le second point de divergence, en l’occurrence, la promotion du grade d’enseignant à enseignant principal et du grade d’enseignant principal à enseignant formateur couvrant la période 2015 à 2017, elle a affirmé que son département avait appelé à un débat logique et réfléchi basé sur des indicateurs éducatifs et pédagogiques et non sur des raisons sociales, et ce à travers un examen des quotas, nombre d’enseignants, d’enseignants principaux et d’enseignants formateurs. « Le ministère a proposé une promotion d’office pour les trois années en 2018 en sus des promotions spécifiques à cette année, en fixant le mois de décembre 2018 comme dernier délai », a-t-elle indiqué, en précisant que « cette échéance est imposée par un calendrier chargé, nécessitant la conjugaison des efforts de l’ensemble des fonctionnaires ». Mais enfermé dans une inexplicable surenchère, le Cnapeste a refusé et proposé le mois d’août. En adoptant une telle position, le Cnapeste n’a fait que dévoiler ses véritables intentions. Consciente des véritables enjeux que tente désespérément de dissimuler un syndicat dont l’action fait le jeu des parties tapies à l’ombre qui s’activent inlassablement pour saborder la réforme de l’école, Mme Nouria Benghebrit ne s’est pas laissée impressionner. Faisant preuve d’un sang froid inégalable, elle est restée dans ses prérogatives constitutionnelles. Déterminée à mettre un terme à l’instrumentalisation de l’école à des fins occultes, elle a indiqué que son département « a pris plusieurs mesures en vue de diminuer à l’avenir les perturbations et les grèves dans le secteur et garantir à tous les élèves le droit à la scolarité ». Parmi ces mesures et solutions profondes, la ministre a évoqué « la concrétisation de la numérisation du secteur qui facilitera la gestion des dossiers socioprofessionnels pour les fonctionnaires du secteur et, partant, éviter toutes les perturbations relatives aux dossiers qui n’ont pas été étudiés pour les fonctionnaires ouvrant droit à la promotion et qui ne l’ont pas obtenue ». « Bien qu’elle soit un droit légal et constitutionnel, la grève doit être réglementé », a-t-elle dit, en soulignant que  précisant que la continuité du travail pourrait être assurée par le recrutement immédiat d’enseignants vacataires, comme cela a été le cas dans la wilaya de Blida ». Tout en fustigeant les parties qui appellent les enseignants à ne pas rattraper les cours non dispensés lors de la période de grève sauf si les ponctions sur salaires sont annulées, elle a tenu à saluer la position des parents d’élèves qui sont passés, a-t-elle-dit, de situation de victimes à celle de véritable acteur social, affirmant que « dorénavant, les élèves ne seront plus des victimes, car nous prendrons toutes les mesures en vue de garantir à tous les élèves le droit à la scolarité ». A propos des élèves, notamment ceux des classes de Terminale, que certains syndicalistes considèrent comme des adolescents inconscients qui ne sont pas en mesure de décider de leur sort, sans l’apport des adultes, ils viennent de réagir de façon responsable en votant à plus de 61% pour le report de la date du baccalauréat. La consultation lancée par le ministère prend fin aujourd’hui, mais d’ores et déjà, on peut estimer que Mme Nouria Benghebrit a gagné, en préservant les futurs candidats au bac, d’une éventuelle manipulation. 

Mohamed Mebarki

Dernière modification le mardi, 13 mars 2018 20:09
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