Ses propos sur les ‘‘harraga’’ ont choqué

Bedoui se trompe de cible

21 Jan 2019
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Les déclarations du ministre de l’Intérieur concernant les « harraga « et les causes, qui les poussent à risquer leur vie, dans des embarcations de fortune, pour rejoindre le continent européen, ont choqué plus d’un. Les propos tenus par Nouredine Bedoui, à l’occasion du « Forum national sur le phénomène de l’immigration clandestine «, ont été jugés inappropriés, face à l’ampleur de la tragédie vécue par des milliers de familles algériennes. Le ministre de l’Intérieur, qui reconnaît pourtant que l’émigration clandestine connait une évolution constante et dangereuse, a fini par tirer à côté de la plaque, en jetant la responsabilité sur les médias pour leur traitement « inconvenant « du phénomène et les pages Facebook exploitées par des passeurs, si ce ne sont pas les «harraga« eux-mêmes ... motivés par la « recherche du gain facile «. Le ministre de l’Intérieur est-il conscient du malaise, qu’il vient de provoquer au sein d’une société gagnée par le désespoir ? Après son discours très discutable, sur le fond et la forme, peut-il aujourd’hui mesurer les « dégâts « d’une telle insertion dans les esprits ? Il a certes reconnu que le phénomène constitue une « source d’inquiétude à tous les niveaux «, mais il n’avait pas à se lancer dans des considérations qui ont tout l’air de spéculations indignes d’un ministre de ce rang. Connu pour son sens de la mesure, Nouredine Bedoui était attendu pour qu’il éclaire l’assistance et l’opinion publique, sur la politique mise en œuvre par le gouvernement pour retenir les milliers d’Algériens, candidats potentiels à l’immigration clandestine «. Il n’avait pas à pointer d’un doigt accusateur les médias. De son avis, les journaux et les chaînes de télévision, ainsi que les réseaux sociaux ont rendu ce phénomène «plus complexe «. « La large exploitation de la « harga « par les réseaux sociaux et son traitement « inconvenant « par Des médias dans certains cas est devenu synonyme de démoralisation et d’incitation à l’acte «, a-t-il estimé. Dans ce cas, qu’attend-il pour sévir contre ces « sources du mal « qui poussent les jeunes algériens à prendre le large dans des conditions catastrophiques, dans une aventure à l’issue incertaine. Noureddine Bedoui, qui a souligné dans son texte que les autorités, dès l’apparition des premiers cas de «harraga« dans les années 2000, se sont attelées à travers une série de mesures destinées à contenir ce phénomène, n’a pas été très convainquant. Lors de son intervention très controversée, il a annoncé que 51 pages Facebook faisant l’apologie du phénomène ont été identifiées. « Les réseaux sociaux devenus l’espace de prédilection pour les passeurs qui les utilisent pour promouvoir leurs services et chasser leurs victimes innocentes en se cachant derrière des pseudonymes sur des pages Facebook sur lesquelles ils incitent les jeunes à la «harga«, en leur proposant des périples fatals contre des sommes d’argents considérables ». Au lieu de plonger au fond de la problématique, et reconnaitre officiellement que le phénomène est le résultat d’un désespoir généralisé, il a préféré rester en surface. Dommage.

Mohamed M

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