Trafic du corail à l’Est du pays

Des barons au-dessus de la loi

13 Fév 2019
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À Annaba, la plage de la Caroube, est depuis longtemps réputée en matière de trafic de corail, où la plus grande prise saisie, a été opérée, rappelle-t-on, en l’an 2000,  estimée à plus de deux tonnes,  avec en prime l’arrestation en flagrant délit d’un important réseau de trafiquants, dont trois italiens appartenant à la filière napolitaine  la «MAMMA».  Au niveau du plan d’eau de l’Est du pays, et au même titre que le monde de la drogue, le trafic du corail est une « puissance » qui manœuvre sur différents « paliers » de la vie socio-économique. Les systèmes mis en place par les services de sécurité pour éradiquer ce fléau sont en constante évolution dans le but.de le combattre, l’éradiquer et surtout veiller constamment à ne pas se laisser distancer par « le génie créateur », des milieux de la pègre, Ainsi, la société algérienne, dans sa très large composante, économique et culturelle, tout particulièrement, se trouve, aujourd’hui, minée par les monstrueuses tentacules d’une catégorie de gens sans scrupules qui n’apprécient guère que l’on évoque, devant eux, le terme de l’intérêt national. La gangrène, qui sape même les fondements de l’économie nationale et par ricochet la structure de base, qu’est la société, a fini par s’attaquer au patrimoine de sa faune et de sa flore. Depuis plus de deux décennies, l’environnement sous-marin est frappé de plein fouet par des pratiques néfastes et pernicieuses qui causent des effets irréversibles sur l’ensemble du fond maritime du littoral algérien, plus particulièrement, celui de l’Est. La côte d’El-Kala, au même titre que celles de Annaba et de Collo (Skikda), riches par leurs jardins de mordjane, se trouvent aujourd’hui dévastées par le monde des « huns » qui cause un ravage aux conséquences désastreuses pour le patrimoine que recèle surtout le récif corallien d’El-Kala. Les quantités du corail saisies, chaque année, opérées par les différents services de sécurités, qui se chiffrent à des tonnes de corail brut, est des plus édifiants. Les trafiquants du corail 100 fois plus nombreux que les professionnels, sont reconnaissables par le choix de leurs véhicules. Ils roulaient et opéraient toujours à bord dans des SIAT « Léon » et « Ibiza » de couleur blanche, selon une source sécuritaire. C’est au moyen d’un labourage systématique que le corail est « ramassé ». Les trafiquants ratissent les larges en déracinant, au moyen de « griffes » les pousses de corail. Par cette pratique, tout écosystème, estiment des écologistes, est bouleversé. « L’environnement est ainsi transformé de fond en comble et au lieu d’une richesse halieutique, nous nous trouvons confrontés à une opération de désertification de notre fond marin », précise-t-on de même source. À qui incombe la faute ? Qui est responsable de ce massacre ? Cette agression contre la nature ne doit-elle pas cesser ? Les services investis de la mission de veiller à la sauvegarde de notre patrimoine sous-marin et autres, sont-ils dotés des outils adéquats pour mettre un terme définitif à cette spoliation ? Autant de questions qui n’exigent, en fait, qu’une seule réponse et c’est d’ailleurs l’avis de beaucoup d’experts en la matière : soit apporter un remède radical à ce mal, à savoir amputer le monstre qui est la mafia de ses tentacules. Des véritables « pompes aspirantes » qui refoulent des déchets toxiques et virulents et lesquelles causent d’énormes dégâts au sein de la société et particulièrement de sa frange juvénile. « Car, faut-il le souligner, l’on ne peut faire une quelconque différence entre le trafic de drogue, l’exploitation de la crédulité des jeunes, en leur faisant miroiter l’Éden de l’autre côté de la méditerranée, en leur proposant la formule harraga, et enfin le trafic du corail », explique un officier de la douane algérienne.  Selon certaines sources dignes de foi, le cerveau du réseau chargé du trafic du corail à partir du littoral de l’extrême Est de l’Algérie, réside hors du territoire national, plus précisément de l’autre rive de la méditerranée. Cette « tête pensante », relayée par des sbires, dirige son « monde » avec la baguette de chef d’orchestre, pour signifier, précisent nos sources, que la structure de ce réseau, bien encadrée, exécute des ordres à la lettre en veillant à éviter les « fausses notes » qui viendront altérer la partition et faire échouer toute l’opération. Quel remède y apporter ? Faut-il introduire un « infiltrator » ? Faut-il créer une cellule de lutte contre ce trafic, type des «incorruptibles» ? Aux yeux de certains cadres et responsables d’associations de sauvegarde de l’environnement, il faut mettre en place une brigade antigang qui aura pour principale tâche de traquer le « gros gibier », les prédateurs de « grande taille » qui portent nuisance à la société et minent l’ensemble de ses rouages. Depuis des années, l’économie nationale est durement frappée par le phénomène du trafic en tous genres. L’on ne peut accorder une priorité au détriment d’une autre, estime-t-on. Les trafics de drogue, de carburant, de cheptel, de certaines espèces de créatures, représentants la faune et la flore du pays, la contrebande des cigarettes, ne peuvent être dissociés les uns des autres. Tous participent à la destruction lente de l’économie nationale. Le fisc en premier lieu, se trouve être en ligne de mire de la mafia. Cette mafia est cette sorte d’hydre aux mille têtes. Il ne suffit pas de couper une seule tête pour claironner avoir décapité le monstre, dont les tentacules opèrent dans d’autres secteurs.

B. Salah-Eddine  

Dernière modification le mardi, 12 février 2019 20:03
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