Premier vendredi de manifestation sans Bouteflika

Non aux 3 B

06 Avr 2019
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Le départ du président Bouteflika et la mise en œuvre de l’article 102 de la constitution n’ont eu aucun effet sur la mobilisation populaire. Pour le premier vendredi de la manifestation après la démission du chef de l’Etat, les Algériens sont revenus à la charge pour réclamer aussi le départ de son clan, de ces hommes qui ont servi sous ses ordre durant une vingtaine d’annéee. «Nehou El 3issaba, newlou labas (Nous ne serons rassurés qu’avec le départ du clan)», scandent encore ses millions de manifestants qui ont battu le pavé, hier encore, dans tous le pays. Toujours mobilisés et déterminés, les manifestants réclament, cette fois-ci, le départ des trois « B » : Bedoui, Bensalah et Belaïz. C’est ce que nous avons constaté, notamment à Alger, dont les rues et boulevards se sont avérés exiguës pour contenir cette foule immense qui a déferlé des différents quartiers, mais aussi des wilaya limitrophes, dont Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdes et Bejaia. En effet, le centre d’Alger était bondé dès les premières heures de la matinée. La mobilisation était massive dans la capitale peu après le démarrage du cortège en début d’après-midi. Comme à Annaba, Constantine, Sétif, Oran ou Tlemcen, les mots d’ordre sont pratiquement les mêmes : «Yetnahaw Gaa (ils vont tous partir) ». La rue algérienne exprime ainsi son désir ardent d’un changement radical et la mise en œuvre d’une feuille de route dans laquelle «seront absentes toutes les figures apparentées au régime du président Bouteflika». Drapés de l’emblème national ou drapeau amazigh, les manifestants scandaient des slogans appelant au départ de personnalités politiques encore aux commandes du pays, en se focalisant cette fois sur le Premier ministre, Noureddine Bedoui, le président du Conseil   de la nation, Abdelkader Bensalah qui pourrait être le président intérimaire, le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz. Le président de l’APN, Mouad Bouchareb et son parti le FLN sont aussi ciblés. Comme d’ailleurs tous les autres partis au pouvoir, en l’occurrence le RND, TAJ et le MPA, comme on a pu le lire sur de nombreuses affiches. La foule des manifestants exprime, à travers d’autres slogans et en brandissant des banderoles et des pancartes, leur refus «catégorique» de l’ingérence étrangère, leur attachement à l’unité nationale, la gestion de la période post-Bouteflika par des personnes « intègres et honnêtes». «Le peuple veut un gouvernement consensuel, des réformes et une commission indépendante pour l’organisation des élections», «non au gouvernement de malfrats», ou encore «la souveraineté nationale appartient au peuple », a-t-on pu lire sur des affiches. Quelle sera la prochaine réaction des tenants du régime ? Iront-ils jusqu’à l’intronisation d’Abdelkader Bensalah comme président intérimaire, tout en maintenant en place le gouvernement Bedoui ? Toute réponse qui ne tiendrait pas compte de la demande de la rue est, sans doute, vouée à l’échec. C’est ce que nous avons vu depuis le début du mouvement populaire, le 22 février dernier.   

 Samir Rabah

Dernière modification le vendredi, 05 avril 2019 20:43
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