Gros contrats et corruption

Enquête aux travaux publics

07 Avr 2019
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La démission forcée de Bouteflika va-t-elle entraîner la chute de tous ceux qui se sont mis plein les poches, grâce à la générosité sélective d’un système bâti sur la corruption et les malversations ? Il est encore prématuré pour répondre à cette question, mais d’ores et déjà, des informations annoncent une vaste campagne « mains propres », lancée par les services de la gendarmerie, qui ont commencé à enquêter sur les conditions d’attribution de contrats dans le BTPH (bâtiment, travaux publics et hydraulique). Les hommes d’affaires réputés proches du clan Bouteflika sont particulièrement visés. Selon TSA, les enquêteurs de la gendarmerie se sont rendus au ministère des Travaux publics et des transports, mardi dernier. Ils ont saisi plusieurs dossiers relatifs à l’octroi de gros contrats. Ils ont également emporté avec eux des détails non écrits fournis par des cadres de ce département ministériel, sur la manière avec laquelle les contrats étaient attribués aux protégés du système, dans des conditions jugées douteuses. L’enquête sera longue et les gendarmes vont être obligés de recourir à des dizaines de témoignages pour tirer au clair des affaires marquées par des malfaçons flagrantes et des surcoûts exorbitants. Parmi les dossiers qui figurent sur la liste, il y a ceux de l’autoroute Est-ouest, dont le scandale de corruption n’a pas encore révélé tous ses secrets, les marchés du Viaduc Trans-Rhumel de Constantine, le grand Port de Cherchell, l’autoroute Jijel-Sétif et les autres bretelles autoroutières, les stations de péage de l’autoroute Est-ouest et le paiement des factures de réalisation du tronçon de l’autoroute Est-ouest entre Bordj Bou-Arréridj et El-Tarf, qui a été attribué au groupe japonais Cojaal. Ces gros contrats ont la particularité d’avoir été conclus dans des conditions jugées douteuses avec des entreprises étrangères notamment chinoises ou avec des entrepreneurs proches du cercle présidentiel. Ils se distinguent aussi par des surcoûts exorbitants et des malfaçons flagrantes dans la réalisation. Par exemple, le viaduc Trans-Rhumel de Constantine a été construit sur un terrain glissant, et menace aujourd’hui d’effondrement. Inauguré en décembre 2014, ce viaduc a été réalisé par le groupement brésilien Andrade-Gutierrez pour un montant de 18,7 milliards de dinars, selon les chiffres officiels. Et ce n’est pas tout, car il faut ajouter à cela, la réhabilitation de la vieille ville de Constantine, à l’occasion de l’événement Constantine, capitale de la culture arabe, où des millions de dinars avaient été dilapidés ; les milliers de logements hors normes, et le foncier accaparé par les hommes du régime et leurs proches.

M.M

Dernière modification le samedi, 06 avril 2019 20:53
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