Intronisé lors d’une session parlementaire de moins de 30 minutes

Le pouvoir impose Bensalah  

10 Avr 2019
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Le tour est joué en quelques minutes. Le fait accompli est imposé, avec l’intronisation d’Abdelkader Bensalah comme chef de l’Etat pour une période de 90 jours, à la place du président Bouteflika poussé à la porte sous la pression populaire appuyée par le chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. En effet, le congrès du parlement, tenu hier à Alger, dans une ambiance morose et avec la présence seulement des parlementaires de la majorité présidentielle et ceux de quelques partis microscopiques, a vite fait le « travail ». Sans débat et sans aucun droit à la discussion, la déclaration de la vacance de la Présidence de la République et la désignation du président du Conseil de la Nation pour assurer l’intérim s’est faite en l’espace d’une demi-heure. Retour sur le processus de détournement de la volonté populaire… Une ambiance morose régnait, hier 9 avril, au palais de la Nation du club des pins, à l’Ouest d’Alger. Visages crispés, les parlementaires siégeant à l’Assemblée nationale populaire (APN) et au conseil de la Nation se pavanaient nonchalamment dans le hall de l’infrastructure. Contrairement à leurs habitudes, ils hésitaient à faire des déclarations aux chaînes privées qui les sollicitaient. En l’absence des députés de l’opposition qui ont tous boycotté la session, ce sont seulement les représentants de la majorité FLN-RND-TAJ-MPA ainsi que les indépendants qui ont répondu présents. Ils étaient 470 élus des deux chambres du parlement à répondre à l’appel…des tenants du pouvoir. Les figures qui réclamaient ostentatoirement le 5èmemandat du chef de l’Etat avant la réaction des Algériens, se faisaient petites. C’est le cas du président du parti TAJ et sénateur du tiers présidentiel, Amar Ghoul. Approchés par des journalistes, alors qu’il sirotait un café dans la cafétéria du palais de la Nation, il a refusé carrément de faire des commentaires. L’ancien ministre des travaux publics et député du FLN pour la circonscription d’Annaba, Boudjamaâ Talai, faisait les 100 pas dans le hall du palais de la Nation. Le longiligne ne fait, lui aussi, aucune déclaration à la presse. Pour sa part, Djamel Ould Abbès, ancien secrétaire général du FLN et sénateur du tiers présidentiel a choisi ce moment pour réclamer son retour à la tête de l’ex-parti unique. « Bouchareb n’est pas légitime. C’est mois qui suis le SG du FLN », déclare-t-il. Décidemment, pour certains, les affaires partisanes priment sur tout le reste. C’est selon cette logique que Seddik Chihab préfère s’exprimer sur sa guerre déclarée avec le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia.

La vraie-fausse démission de Bensalah  

Les travaux de ce congrès n’ont commencé que vers 10h10 minutes. La séance présidée par Abdelkader Bensalah, épaulé par Mouâd Bouchareb, président de l’APN, commence avec une contestation, vite étouffée. Le président du groupe parlementaire des indépendants, Lamine Ousmani et le député du FLN, Slimane Saâdaoui, ont tenté de prendre la parole, avant même la lecture du règlement intérieur de la session. Ils ont vite été rappelés à l’ordre par Abdelkader Bensalah. Ainsi le groupe des indépendants a quitté la salle. « Dès que nous avons vu que Bensalah était bien là, nous avons quitté », déclare Lamine Ousmani à la presse à l’issue de la session. Acquis, lui, à la solution constitutionnel, le chef du groupe des indépendant affirme que « jusqu’à hier matin, les échos qui étaient parvenus du conseil de la Nation disaient que Bensalah allait démissionner». « On ne sait pas ce qui s’est passé », dit-il, appelant à la poursuite de la mobilisation populaire. « C’est une mascarade », rétorque un autre député indépendant. Mais la réalité est là. Bensalah est intronisé pour assurer l’intérim. « Je vais travailler à concrétiser les intérêts du peuple. C’est une grande responsabilité que m’impose la Constitution», affirme le désormais président intérimaire, avant de clôturer la séance. La balle est dans le camp du peuple qui manifeste déjà son rejet de la solution proposée par le pouvoir.  

Samir Rabah 

Dernière modification le mardi, 09 avril 2019 20:53
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