Les manifestants dénoncent la tentation militariste

‘‘Nous voulons un état civil’’

11 Mai 2019
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 Nouvelle réponse cinglante des Algériens au chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah. Conscients des dangers du glissement autoritaire opéré par le pouvoir, conduit par le premier militaire du pays, le mouvement populaire dit, tout simplement non. Malgré le mois de Ramadhan, la chaleur et la soif, ils étaient encore des millions dans les rues de toutes les villes du pays. Ayant suivi certainement les développements de la semaine, marqués notamment par le maintien de l’agenda électoral du pouvoir, les menaces proférées par la revue El Djeich à l’égard de opposants et  l’arrestation surprise de la secrétaire générale du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, les manifestants ont exprimé leur opposition à la tentative de la militarisation de l’Algérie. « Daoula madania, machi 3askaria (Etat civil et non pas militaire) », « Djamhouria, machi caserna (Une république et non pas une caserne » et « Gaïd Salah dégage ! », scandent les manifestants à Alger, dont le nombre ne cessait de prendre de l’ampleur au fil des heures. En effet, la manifestation d’hier, comme les précédentes, a commencé très tôt dans la capitale. L’Esplanade de la Grande Poste qui accueillait, chaque vendredi les premiers manifestants venant surtout des wilayas limitrophes, notamment de Tizi Ouzou, Bouira, Boumerdes et Bejaia, était déjà pleine vers 10h00. Mais le gros des manifestants est arrivé peu après 14h00. Des vagues importantes de protestataires déterminés ont déferlé, sous un soleil de plomb, vers Algérie Centre en empruntant diverses rues et boulevards, dont la plus célèbre Rue Hassaba Ben Bouali par où passait l’ensemble des marches organisées depuis le 22 février dernier. Brandissant emblème et pancartes sur lesquels sont transcrits de nombreux messages dénonçant notamment la tentation de la militarisation du pays de Gaïd Salah et ses compagnons au haut commandement de l’armée. Sans concession, les manifestants ont montré une conscience politique de haute facture. Ils refusent ainsi le détournement du fleuve de leur révolution, comme ce fut le cas en 1962 et 1990. Tout en réclamant le départ de Gaïd Salah, les protestataires réitèrent aussi leur exigence du départ du chef de l’Etat, Abdelkader Bensalah et du gouvernement de Noureddine Bedoui. Ils opposent aussi une fin de nom recevoir au rendez-vous électoral que les tenants du pouvoir s’échinent à préparer. « Pas d’élection, espèce de bandes », lance aussi le mouvement qui exprime ainsi son rejet de la présidentielle du 4 juillet prochain, annoncé par Bensalah et défendu mordicus par Ahmed Gaïd Salah. Après ce 12ème vendredi et cette impressionnante mobilisation, les tenants du pouvoir continueront-ils à se voiler la face ? Oseront-ils maintenir leur feuille de route et faire, ainsi, perdurer indéfiniment la crise ? En tout cas, la rencontre, jeudi dernier, entre Abdelkader Bensalah et Noureddine Bedoui pour discuter des préparatifs de la prochaine élection n’augure rien de bon. Ils ne sont pas disposés à écouter la voix du peuple.    

Samir Rabah

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