Présidentielle du 4 Juillet

L’impasse ?

26 Mai 2019
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Tel un tsunami, le « Hirak » aura tout chamboulé sur son passage. Il a mis fin à une situation établie depuis plusieurs décennies, et donné naissance à une autre, inédite et prometteuse, si les forces de la régression ne réussissent pas à la faire avorter. Le mouvement populaire, né à Kherrata, et qui s’est, par la suite, manifesté à Khenchela, avant de s’installer, le 22 février dernier, dans le temps et dans l’espace, comme la volonté des volontés, a démantelé des scènes que l’on croyait pérennes, et imposé un nouvel environnement, où l’espoir a pris racine, après 30 ans de déceptions et de malheurs. Même s’il a provoqué des situations qu’aucun texte réglementaire n’a prévues ; et qui pourront donner lieu à quelques inquiétudes légitimes, il aura surtout mis a nu la mauvaise foi des faiseurs des lois, et démontré à l’occasion de 14 référendums, que toutes les institutions officielles bâties selon la vision d’un régime totalitaire, finiront, un jour ou l’autre, par se retrouver dans une impasse d’où il leur sera difficile d’en sortir, sans revenir à la volonté populaire. C’est le cas du Conseil Constitutionnel, qui s’est retrouvé, hier à minuit, date limite pour le dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 4 juillet, dans une situation des plus absurdes, illustrant fidèlement la déliquescence sur tous les plans d’un pays, qui aurait pu connaître un meilleur sort. A quelques heures de la date limite, le Conseil Constitutionnel n’a reçu aucun dossier de candidature. A la dernière minute, Ali Ghédiri, le général à la retraite, Abdelaziz Belaïd, le président du Front Al Moustaqbal et Belkacem Sahli, le président de l’ANR, les seuls candidats plus ou moins sérieux au milieu de 74 illustres inconnus, se sont retirés d’une course, qui n’aura probablement pas lieu. Que fera Kamel Fenniche, le successeur de Tayeb Belaïz ? Attendra-t-il dans une posture tragi-comique dix jours, le délai théorique pour « examiner » les candidatures, ou sera-t-il poussé à anticiper, annonçant l’invalidation de toutes les candidatures  au motif qu’elles ne satisfont pas les conditions requises, plus tôt que prévu ? Dans tous les cas de figure, le président du Conseil Constitutionnel sera certainement conduit a constater l’impossibilité d’organiser la présidentielle le 4 Juillet prochain, en annonçant le renvoi sine die de l’échéance, qui sera fait par Abdelkader Bensalah. En ce moment, l’article 103 de la Constitution, qui évoque le cas d’ « empêchement légal » sera mis à l’œuvre. « le Conseil Constitutionnel déclare qu’il doit être procédé de nouveau à l’ensemble  des opération électorales. Il proroge dans ce cas les délais de l’organisation de nouvelles élections pour une durée maximale de 60 jours ». Durant cette période, allant jusqu’au 4 septembre, tout pourra se passer. Selon Fatiha Benabbou, juriste et spécialiste du droit constitutionnel. l’élection présidentielle peut se tenir même avec un seul candidat. «Le taux de participation au vote importe peu. Il n’existe pas de texte qui impose un taux minimal de participation pour que le scrutin soit validé. Cela dit, le candidat unique pourrait être délégitimé, voire décrédibilisé, mais il sera élu et reconnu comme tel », précise-t-elle. Elle estime aussi que le chef d’État par intérim ne peut pas s’appuyer sur l’article 7 de la Constitution (le peuple est la source de tout pouvoir) pour justifier le report de l’élection présidentielle. « Il ne peut le faire que dans le cas d’une crise politique grave, lorsqu’il y a péril dans les institutions, un début de guerre civile par exemple », dit-elle.

Mohamed Mebarki

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