1 er remaniement ministériel

Pour un nouveau souffle

25 Jui 2020
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Le président Tebboune a surpris les observateurs en procédant à un remaniement du gouvernement, alors que lors de sa dernière rencontre avec les journalistes, il n’avait rien laissé entendre dans ce goût-là, défendant même que l’équipe n’a que 5 mois ». Que s’est-il passé en quinze jours pour le chef de l’Etat change de braquet et en vienne à sabrer une bonne partie du gouvernement Djerad I ? Mais pour le remplacer par un autre plus « obèse » et plus pléthorique sur le plan numérique. Pas moins de 41 membres, dont 32 ministres, six ministres délégués et deux secrétaires d’Etat. A l’heure de « la rigueur budgétaire », un invariant de la rhétorique « austéritaire » du pouvoir, un gouvernement de cette dimension va à contre sens de l’histoire qui veut plutôt une équipe plus resserrée pour moins de salaires et moins de dépenses. Le président Tebboune a ses raisons qui l’ont aussi poussé à ne pas toucher les ministres dits de souveraineté en renouvelant sa confiance à Kamel Beldjoud, Sabri Boukadoum et Belkacem Zeghmati, alors que ce dernier, homme du défunt Gaid Salah, était dans le collimateur. En fait, les changements notables touchent les secteurs économiques qui constituent en quelque sorte le défaut de l’armure et à travers le choix de nouveaux ministres, le président Tebboune donne l’impression de vouloir donner une nouvelle impulsion à l’équipe de Djerad. Signe majeur de cette volonté : le limogeage d’Abderrahmane Raouya, le premier argentier du pays qui est remplacé par un financier dont on dit qu’il est « moins orthodoxe », Aymen Benabderahmane, Gouverneur de la Banque d’Algérie. L’arrivée aussi de Abdelmadjid Attar, ancien ministre de l’hydraulique et ancien directeur de la Sonatrach, au secteur de l’Energie est signe de cette quête de souffle nouveau pour un secteur en plein crise mondiale mais tout en restant pour notre pays la ressource principale de la survie économique. Mohamed Arkab , malgré toute sa bonne volonté et sa communication assez intensive ne représente plus le profil qu’il faut pour conduire à la fois les batailles à l’extérieur et les chantiers à l’intérieur dans ce secteur stratégique, malgré la volonté nombre de fois proclamée de sortir le pays de l’addiction aux hydrocarbures. Le professeur Chitour , qui quitte l’Enseignement supérieur pour le nouveau ministère des Energies nouvelles et de la Transition énergétique, son centre d’intérêt en tant qu’universitaire aura justement la latitude de théoriser et de baliser la période post pétrole pour l’économie algérienne. Chérif Omari, ministre de l’Agriculture et du Développement, rural qui était dans le gouvernement Bedoui, est remplacé par Abdelhamid Hamdane pour des raisons qui ne semblent pas évidente. Ce qui n’est pas le cas de son collègue Hacène Mermouri dont le choix relève d’une erreur de casting et donc son remplacement par Mohamed Hamidou dans le secteur du Tourisme et de l’Artisanat, appelé à jouer un rôle de moteur de croissance, dans le cadre de la transition économique. La création du portefeuille de ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la prospective, confié à l’économiste Mohamed Chérif Belmihoub, celui des micro- entreprises qui revient à Nassim Diafat et celui de l’économie de la Connaissance et des starts-up, affecté à Yacine El Mahdi Ouahid traduisent la volonté du président Tebboune, de faire de ces secteurs des vecteurs de croissance dans le cadre du changement du paradigme économique qui devient de plus en plus une urgence vitale. Alors ce remaniement apportera-t-il la dynamique attendu ? Le Gouvernement Djerad II a six mois devant lui pour faire ses preuves. Car, faut-il le rappeler, à la fin de l’année, il y aura les législatives anticipées qui vont fatalement rebattre les cartes politiques.

H.Khellifi

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