Libération des détenus du Hirak

Vers un climat politique apaisé

21 Fév 2021
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Aussitôt dit et aussitôt suivi d’effet. Jeudi, le président Tebboune, dans son adresse à la Nation avait annoncé des mesures de grâce en faveurs des détenus du Hirak. Le soir même du discours, les premiers détenus « ont passé la nuit chez eux » pour reprendre les mots du président. Cependant, le gros des détenus soit 32, a pu sortir de prison le vendredi, en attendant les autres qui vont bénéficier de la même mesure de clémence, selon le communiqué du ministère de la Justice. En tout, 57 détenus qui retrouveront leur liberté, selon le chiffre avancé par le Président. Le plus emblématique de ces détenus, est le journaliste Khaled Drareni autour duquel s’est créée une dynamique de mobilisation internationale depuis son arrestation dont le caractère arbitraire n’a pas manqué d’abîmer, à l’international, l’image de l’Algérie dont les justificatifs n’ont pas fait le poids devant les incessantes montées au créneau des ONG comme Reporters sans frontière, Amnesty international, l’organe onusien des droits de l’Homme. Outre le journaliste Khaled Drareni dont l’incarcération a cristallisé en Algérie le combat pour la liberté de la presse, il y a eu aussi la libération de Rachid Nekkaz qui a quitté vendredi soir la prison de Labiodh Sidi Chikh où il avait été transféré. L’opinion attend aussi d’autres libérations dont celle du général Ali Ghédiri qui devrait lui aussi bénéficier de ces mesures de grâce présidentielle. En prenant celles-ci, le président Tebboune marque plusieurs points, montrant qu’il est désormais le maître de la situation, définitivement débarrassée de l’héritage et de la tutelle encombrante du défunt Ahmed Gaid Salah qui, faut-il le rappeler, était à l’origine des arrestations massives des acteurs du Hirak. Le président Tebboune en faisant ce geste d’apaisement en direction des militants du Hirak , la veille de la célébration de son deuxième anniversaire, répond aussi à la demande de plusieurs partis, y compris ceux qui sont inscrits dans l’agenda politique du pouvoir. Soufiane Djilali,Abdelkader Bengrina, Abderazak Makri ainsi que le premier secrétaire FFS, en se rendant à la présidence de la République, à l’invitation du chef de l’Etat, ils lui ont tous demandé de faire des gestes en faveur des détenus. C’est désormais fait. A plan international, il va de soi que l’Algérie va gagner au change en termes d’image et les ONG qui, à juste raison, dénonçaient à cor et à cri les mises en arrestation des militants du Hirak et des journalistes n’ont plus raison désormais le prétexte de se braquer sur l’Algérie. Cela étant dit, si ces mesures sont nécessaires, elles ne sont pas suffisantes. Loin s’en faut. Elles devraient être accompagnées de nouvelles mesures, notamment l’ouverture des médias publics aux expressions politiques de l’opposition, même si elles ne vont pas dans le sens des tropismes du pouvoir. La démocratie, faut-il le rappeler, c’est d’abord un débat contradictoire. Le président Tebboune, devrait aussi instruire son ministre de la Communication pour lever les mesures de blocage de plusieurs journaux électroniques qui ne sont plus accessibles en Algérie. L’argument technique, lié au problème de la connexion, avancé par Amar Belhimeur pour justifier la disparition de ces journaux n’a évidemment convaincu personne, à commencer par lui. Et comme la politique va avec l’économique et le social, le président Tebboune devrait aussi consentir un geste pour donner un coup de pouce au pouvoir d’achat des citoyens, victimes de la concomitante dévaluation du dinar et l’envolée des prix qui a touché tous les produits. La situation financière du pays est difficile, certes, mais à l’approche du mois de Ramadhan un geste symbolique est de nature à amortir la casse sociale et surtout asseoir un climat apaisé, tant que faire se peut, pour la mise en œuvre des futures législatives.

H.Khellifi  

Dernière modification le samedi, 20 février 2021 21:43
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