John Kerry demain à Alger

Un «cadeau» venu des States…

01 Avr 2014
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L’arrivée demain du Secrétaire d’Etat américain, John Kerry en Algérie a logiquement créé la polémique. Le fait est que cette visite prévue avant la fin de l’année dernière a subi au moins deux reports. Au nom de quelle urgence le Département d’Etat et son homologue algérien ont jugé utile de «caler» ce rendez-vous diplomatique en pleine campagne pour un quatrième mandat qui est loin de faire consensus ? La question coule de source et les autres candidats ont raison de crier au scandale tant il s’agit tout de même du chef de la diplomatie de la première puissance mondiale. Beaucoup en Algérie pensent non sans raison que ce déplacement de Kerry s’apparente à un petit «cadeau» des Etats-Unis pour Bouteflika dans sa quête d’un 4ème mandat sujet à une grande polémique en Algérie. Il n’échappe à personne en effet que l’arrivée du Secrétaire d’Etat constitue quoi qu’on dise, un coup de pouce pour le président Bouteflika et ses supporters. Ce ricochet algérois de Kerry s’interprète comme un signe du succès de la diplomatie algérienne et partant celui du président en exercice. C’est le message subliminal que charrie John Kerry dont la visite de deux jours n’est, pour une fois, pas tout à fait désirée.  Le conseiller diplomatique du candidat Ali Benflis, Abdelaziz Rahabi n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que cette visite provoque une polémique «à double titre». Il en veut d’autant plus qu’elle sera exploitée électoralement par le clan Bouteflika qui ne se ferait pas prier pour l’exhiber comme un trophée de guerre. Rahabi qui est lui-même un diplomate,  précise à juste titre que le gouvernement  aurait pu ne pas accepter la date proposée par les Américains, s’il avait le souci de ne pas capitaliser la visite. En l’occurrence, les usages diplomatiques veulent que les dates de ce genre de visites soient fixées d’un commun accord en fonction des agendas diplomatiques des deux côtés. Mais il est évident que Bouteflika ne pouvait «cracher» sur un tel cadeau venu des States... Il se pourrait même qu’Alger et Washington aient sciemment «injecté»  cette visite en pleine campagne électorale pour mettre en évidence le feu vert des Etats-Unis au 4ème mandat. On s’en souvient en décembre 2003, le journal français le Figaro avait révélé une rencontre entre des hauts responsables américains et algériens à Madrid au cours de laquelle le 2ème mandat avait été acté. L’histoire semble se répéter  avec les mêmes acteurs (Bouteflika-Benflis) et les mêmes hauts responsables algériens et américains. Et quand on rajoute l’autre visite de l’Emir du Qatar juste après Kerry, il est loisible de deviner l’enjeu national au-delà des objectifs diplomatiques et géopolitiques.

Hamid Merakchi

Dernière modification le lundi, 31 mars 2014 21:22
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