Constantine

Le TRC sera baptisé au nom de Mohamed Tahar Fergani

10 Avr 2017
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Désormais le théâtre régional de Constantine portera le nom de Mohamed Tahar Fergani et ce n’est que justice tant il est vrai que le regretté cheikh a porté haut et loin les accents d’une musique menacée de déperdition, voire de dégénérescence. Il serait prétentieux de résumer en quelques pages la vie et l’œuvre de ce prodigieux artiste, mais l’occasion nous est donnée de rappeler brièvement quelques vérités bonnes à dire quelques mois seulement après le décès de Mohamed Tahar Fergani et surtout après la clôture du tant décrié « Constantine capitale de la culture arabe ». Les pouvoirs publics ont fait leur devoir. L’intérêt que portent les pouvoirs publics à la culture en général n’est jamais démenti en toute occasion. Cet intérêt s’est manifesté justement à l’occasion des funérailles de Mohamed Tahar Fergani auxquelles ont assisté les plus hauts dignitaires de l’Etat. Le Président Bouteflika, à chacune de ses visites à Constantine, avait à sa droite le chantre du Malouf, estime qui ne s’est jamais démentie. Mais qu’en est-il des divers membres de la société civile, qu’en est-il des milliers de nécessiteux, d’artistes en tout genre qui ont à notre avis, trop vite tourné, une page au placard des oubliettes, un homme, une carrière à jamais égalée au plan culturel. M.T Fergani n’a jamais été un grand pédagogue ni même un véritable passeur de témoin au sens ou l’entendent certains. Mais l’’homme a inspiré, guidé des milliers de jeunes et de moins jeunes adeptes du Malouf et de la musique arabo andalouse en général.Certains tentent d’imiter ses accidents inimitables, d’autres ne possèdent ni ses capacités vocales, ni ses performances musicales. C’est qu’en effet il s’agit d’un monstre sacré d’un météore comme il s’en trouve un dans le siècle et qui ne se retrouverait pas un autre dans le siècle à moins d’un miracle. L’Egypte, dit-on, est un don du Nil et le Nil un don de Dieu. MT Fergani qui n’a jamais côtoyé les chouyoukh du début du siècle a bénéficié d’un don qui lui est venu de Dieu et de Lui seul.

Un manque de reconnaissance

Mozart est mort à 35 ans et toute proportion gardée, Raymond à 49 ans, MT Fergani que Dieu a préservé plus de 80 ans a eu assez de temps pour imprimer son époque. Sans lui, toute une partie du patrimoine musical aurait peut -être disparu, déformée adultérée. Mais le maître du Malouf qui a imprimé plus de 500 titres sous forme de 33 tours, 45 tours, 78 tours, CD a laissé une œuvre inégalée, diversifiée, inimitable qui continue de bercer des milliers d’adeptes. Pourquoi dans ces conditions une majorité de musiciens manifestent à son égard tant de désinvolture, oubliant à peine quelques mois après son décès ce qu’il a été et l’influence qu’il continue d’exercer même après sa mort sur toute une société en manque de repères. Pourquoi des festivités ont été organisées à Mila, Annaba, en hommage à sa mémoire et à son œuvre et pas à Constantine ? Si l’on écarte les anciennes gloires écrites et réécrites forces est de constater que le milieu artistique constantinois fait preuve d’ingratitude à l’égard de ses plus prestigieux enfants.En vérité, tous ces artistes morts ont perdu leur âme, avec un manque d’enthousiasme flagrant montrant ainsi qu’au moment ou se pose avec acuité la relève, le Malouf ne recèle pas beaucoup d’artistes capables de reprendre le flambeau.Jalousie, justesse, fausse susceptibilité de primadonna, voire ce que recèle le milieu artistique n’a pas plus rien à offrir pour redorer un art qui a survécu, à des siècles chahutés afin que la culture arabo andalouse ne disparaisse à jamais.

L’espoir est auprès de la jeunesse

Bien que l’année de la culture arabe à Constantine ait été un grand fiasco malgré les milliards dépensés, des centaines de jeunes ici et ailleurs font leur apprentissage du Malouf, du Hawzi et du Zadjel. Un bilan moral mérite d’être dressé par ceux- là qui regrettent que peu de chose ne subsiste d’une manifestation qui promettait tant et n’a finalement débouché sur rien. Quant à MT Fergani sa voix continuera de bercer les générations de décideurs qui ont eu à gérer la culture à Constantine et au-delà des frontières du pays.

A Benkartoussa

Dernière modification le dimanche, 09 avril 2017 20:16
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