PORTRAIT

Mustapha Dali, un autodidacte à l’œuvre exceptionnelle

13 Jui 2017
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C’est un artiste à la sensibilité tranquille, avait dit de lui l’écrivain Youcef Merahi dans son livre Mémos de Kabylie paru en 2013.  Il s’agit de Mustapha Dali, un artiste autodidacte passionné des pinceaux et des couleurs qui s’est frayé une place parmi les grands grâce à sa détermination, son perfectionnisme et son dévouement. Même si la vie ne lui a pas donné la chance d’accéder aux écoles des Beaux Arts pour offrir un cadre académique à son don, ce menuisier de profession, né dans la haute ville de Tizi-Ouzou en 1957, a relevé le défi de devenir artiste-peintre malgré tous les aléas de la vie et ses connaissances limitées dans le domaine de l’art. Aujourd’hui quinquagénaire, l’homme se souvient des premiers tableaux qu’il a peints sur la terrasse du domicile familial à la fin des années 1970. "Je commençais à découvrir mon don et mon amour pour l’art et la peinture quand j’étais adolescent. A l’époque, la maison familiale était trop petite pour qu’on puisse me consacrer un espace pour dessiner, alors je le faisais sur la terrasse", a-t-il raconté, dans un entretien accordé à l'APS en son domicile, à la veille de la journée nationale de l'Artiste. En 1979, le jeune artiste a exposé ses œuvres pour la première fois aux côtés de deux pionniers des arts plastiques algériens, en l’occurrence Mohammed Zmirli et Ahmed Azouzi à l’occasion d’une quinzaine culturelle organisée par l’union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA) à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Durant la même année, alors âgé de 22 ans, il prend part au premier salon de la section de l’Union nationale des arts plastiques (UNAP) créée par Mohammed Zmirli."J’étais le plus jeune artiste à prendre part à ces deux manifestations et Mohammed Zmirli m’a beaucoup encouragé à persévérer dans le domaine des arts plastiques", a-t-il témoigné, tout en exhibant chichement des oeuvres réalisées dans son l'atelier qu'il tient dans son domicile. Reprise après une longue absence malheureusement, la carrière du jeune Mustapha qui s’annonçait prometteuse, a été freinée par des considérations familiales qui l’ont complètement détourné du monde de l’art et de la création. "J’ai d’abord passé mon service national puis je me suis occupé de la famille et je n’avais plus de temps pour peindre quoi que ce soit. Je passais tout mon temps dans mon atelier de menuiserie", confie-t-il. La rupture était longue et Mustapha Dali n’a renoué avec ses pinceaux qu’en 2010 mais cette fois-ci, il s’est aménagé un petit atelier à l’intérieur de son domicile familial, histoire de se consacrer entièrement à son art. Les tableaux accrochés aux murs ou placés sur le meuble de cet espace personnel sont attractifs et captivants. Une multitude de styles, de couleurs et de thèmes qui apaise l’esprit et égaye les regards. Adepte des couleurs vives allant du rouge au bleu, en passant par le jaune, le vert, le blanc et le noir, cet homme aux doigts magiques ne laisse rien au hasard et consacre tout le temps nécessaire pour finaliser une œuvre artistique. De l’aquarelle principale tendance de l’artiste, sa principale vocation à l’abstrait géométrique, non sans s’initier aux nouvelles techniques de la peinture moderne, ce père de famille de deux enfants compte également un projet d’écriture d’un beau livre qui comportera une trentaine d’aquarelles sur la ville de Tizi-Ouzou accompagnées de légendes. Derrière son calme, se cache un artiste déterminé qui ne cesse de se documenter et de suivre l’évolution de monde des arts plastiques via internet. Son objectif, c’est d’être à jour et d’améliorer ses connaissances, d’autant plus qu’il n’a pas fait de formation artistique. Le bois que Mustapha Dali travaillait au quotidien pendant des années et les formes géométriques qu’il utilisait, notamment le rectangle et le carré, sont présents dans la majorité de ses œuvres. Même dans les aquarelles, l’artiste introduit toujours des lignes horizontales et verticales qui se croisent pour donner naissance à ces formes rectangulaires ou carrées ajoutant aux tableaux peints un caractère assez particulier et unique du genre. Parfois, ce sont carrément des pièces de bois que Mustapha Dali intègre dans ses œuvres. Dans d’autres, il fait de cette matière noble le fonds qui accueille le produit de son imagination, a-t-on constaté. "Je peins ce qui m’interpelle, je m’inspire de mon entourage et de ma culture et je suis influencé par des artistes de la région comme Zmirli et Azouzi, d’où mon amour pour les aquarelles, les couleurs chaudes et l’abstrait géométrique. Pour lui, l’art est un moyen d’exprimer des pensées, des convictions ou des souhaits et de transmettre des idées tout en contribuant à l’épanouissement de la culture et de l’activité artistique. Depuis qu’il a renoué avec la peinture et les pinceaux, Mustapha Dali qui a obtenu sa carte d’artiste en début de l’année 2017, prend régulièrement part à des expositions organisées à Tizi Ouzou et ailleurs et les adeptes des arts plastiques affichent un grand intérêt pour son travail. Sur le chemin de l’art, cet homme qui n’a jamais renoncé à son rêve malgré les contraintes et les aléas du temps, compte avancer et persévérer car la peinture, dira-t-il me rappelle à chaque fois que je suis un être humain .

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