Albert Camus et la Quête du Sacré

18 Jui 2017
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« Brusquement, il s’est levé, il a marché à grands pas vers une extrémité de son bureau et a ouvert un tiroir dans un classeur. Il en a tiré un crucifix d’argent qu’il a brandi en revenant vers moi. Et d’une voix toute changée, presque tremblante, il s’est écrié : Est-ce que vous le connaissez celui-là ? J’ai dit : Oui, naturellement. Alors il m’a dit très vite et d’une façon passionnée que lui croyait en Dieu, que sa conviction était qu’aucun homme n’était assez coupable pour que Dieu ne lui pardonnât pas, mais qu’il fallait pour cela que l’homme par son repentir devint comme un enfant dont l’âme est vide et prête à tout accueillir. » (L’Etranger). 

1- Le Sacré : une question d’actualité

Il peut paraitre hasardeux d’évoquer le sacré à propos de l’œuvre d’Albert Camus (1913/1960). Hasardeux, oui, dans la mesure où le lecteur est face à un art, à une pensée qui se dégage des apprêts du religieux, qui s’érige face à la métaphysique ; un art et une pensé critiques de l’humanisme judéo-chrétien tel que la philosophie et la littérature les ont portés jusqu’à son époque ! Même si Albert Camus refuse d’être qualifié d’athée, il refuse, cependant, d’admettre le Dieu-judéo-chrétien, non pas parce qu’il est absent du monde, mais parce qu’il est aussi rendu responsable du malheur de l’Homme. Et quel paradoxe ! C’est, en effet, sur ce territoire hasardeux, au cœur même de ce paradoxe fondamental de la pensée de Camus qu’il faut se hasarder pour mettre au jour les traces du « sacré camusien » dans trois textes : « Noces », « L’Etranger » et « La Femme Adultère » ; trois textes qui retracent son parcours d’écriture. Mais qu’est-ce que d’abord le sacré ? Comment le mettre en évidence en littérature ? La fréquence du thème du sacré, le nombre d’auteurs qui en ont recourus tout au long de l’histoire mouvementée du XX siècle, montre si besoin est, qu’il s’agit bien de ce besoin humain de le réfléchir, de l’écrire, de le comprendre dans la pratique du quotidien. Situé à l’opposé du profane, le sacré constitue un repère de conduite pour l’Homme qui se positionne d’ailleurs par rapport à ces deux notions fondamentales, selon Mircea Eliade. La structuration de l’univers humain selon le sacré et le profane en fait qu’il est aussi compartimentaliser en rationnel, logique, et, irrationnel, illogique, qui, selon Rudolf Otto ne sont pas de « purs états subjectifs ». Pour Otto, en effet, l’expérience du sacré reste irréductible à tout autre, un sentiment originel, spécifique, qui cherche à communiquer avec « tout autre », ou, avec ce qu’il appelle : le « numineux » considéré comme pôle ultra phénoménal. Néanmoins, il reste un aspect si ambigu, selon Roger Caillois, qui fait que chaque fois qu’il se manifeste il n’a qu’un seul sens « comme source de bénédiction ou comme foyer de malédiction […]. »

2- Albert Camus : De la quête du sacré à l’exploration des vertiges intimes

Parler du sacré, de la quête du sacré chez Camus, nous l’avons évoqué, est quelque peu paradoxal, dans la mesure où l’auteur tranche, et de manière nette, avec Dieu, les offres de l’Eternité, la Grâce, le Là-bas, et à la vie après la mort, au profit de la vie présente au monde. Néanmoins, l’auteur ne se veut pas un athée pour autant ! Comment comprendre dès lors cette quête du sacré sans Dieu ? Comment comprendre, comme l’écrivent certains auteurs, cette « sainteté sans Dieu » que réclament ses personnages depuis les premiers écrits ? Nul doute que, Camus, ayant tourné le dos aux offres de la religion chrétienne, à laquelle il était étranger depuis sa tendre enfance, a emprunté une voie autre ; un autre itinéraire, qui, au moment où il fait effraction dans l’univers des Lettres [dès 1937/1938 avec la publication de L’Envers et l’endroit et Noces], laisse apparaître l’émergence d’un attrait pour le sacré : un sacré sans Dieu ! Au-delà de ce qui a été dit et écrit, et, de ce que ce colloque peut apporter comme éclaircissements sur la question, il y a lieu de dire qu’il s’agit là d’une expérience « spirituelle fondamentale » centrée sur l’expérience du rapport de l’homme et du monde et dont Camus constatait déjà leur divorce ; divorce qui est une condition fondamentale, une condition originelle. On parle alors de « sainteté sans Dieu », une sainteté qui se ressource dans d’autres expériences antérieures au Christianisme, païennes et grecques notamment. Ce recours à l’exercice spirituel des anciens grecs, stoïciens et épicuriens : « concentration sur soi » et « examen de conscience » ; morale stoïcienne et éthique épicurienne, où la pensée est perçue comme une « conversion en soi » et « évolution créatrice »; où la raison est une « stylisation de l’expérience vécue » donnent à comprendre le souci de Camus dès cette époque : délivrer l’homme, l’Être de l’homme, de ce qu’il appelle les consolations creuses pour le rabattre, selon l’expression de l’auteur, sur les formes chatoyantes du cœur ! Cette attitude de Camus va être à l’origine de la naissance de l’Absurde et de la Révolte. Naissance d’une pensée dont la position métaphysique est tranchée nette et qui va s’approfondir au fil de l’élaboration de l’œuvre. Il s’en dégage le profil de « l’homme camusien », un sain sans Dieu, en quête éperdue de bonheur royal au cœur même de cet exil voulu ; un homme absurde mais un homme révolté face à la condition qui lui est faite et dont le Dieu, absent du monde en est l’auteur. Camus réclame, dans l’ici et le maintenant du monde présent, un bonheur par l’action de l’amour et la solidarité des hommes. Camus écrit dans L’Incroyant et le Chrétien (Fragments d’un Exposé fait au couvent des dominicains de Latour-Maubourg en 1948) : « Ce n’est pas moi qui ai inventé la misère de la créature, ni les terribles formules de la malédiction divine. Ce n’est pas moi qui a crié ce Nemo bonnus, ni la damnation des enfants sans baptême. Ce n’est pas moi qui ait dit que l’homme était incapable de se sauver tout seul et que du fond de son abaissement il n’avait d’espérance que dans la grâce de Dieu. » S’il faut parler d’un sacré camusien il ne peut être compris que dans la sacralisation même du monde où il n’y a point de transcendance, où tout est donné dans l’immanence des choses du monde. Cette voie choisie par Camus a été élaborée dès ses années d’étudiant, de commentateur, lorsqu’il s’est donné à élaborer un mémoire de Magister pour l’obtention du Diplôme d’Etude Supérieure, intitulé : Métaphysique Chrétienne et Néoplatonisme, soutenu à Alger en 1932 sous la direction du Professeur Poirier. Cette voie empruntée porte l’influence de son Tuteur émérite : Jean Grenier, pour lequel il préfacera en 1951 « Les Iles ». C’est lui, son tuteur, qui le mit déjà très jeune sur la voie de Plotin et de Saint Augustin. Cette rencontre, à plusieurs siècles d’intervalle, fut un des moments forts, très forts même dans la mise en place des premiers linéaments de l’Absurde et de la Révolte. Ce premier Camus, auquel Jacqueline Lévi-Valensi a consacré un gros volume, se voit construire son imaginaire, mais le voir aussi affirmer une chose : sa nature intime d’homme du Sud. Cette nature intime qu’il qualifiera plus tard, dans sa dernière interview comme étant la « part obscure en moi » et qui, selon Alain Vircondelet, a rencontré, pour la première fois le sacré. C’est cette « nature intime », où réside la part obscure, est liée à la terre d’Algérie, à ses hommes, à son soleil, à sa nature qui fera parler Camus et que lui-même fera parler dans son œuvre, qui a rencontré le sacré. Cette nature intime d’où irradie l’amour des hommes et du monde qui a donné à Camus de renouer avec le « sacré sur cette terre » qui permet aux forces de la vie de retrouver la « simplicité naïve des premiers matins du monde » L’écriture camusienne, qui, seule lui a permis de reconnaître le vrai visage du monde ; une écriture liée ainsi étroitement à la terre d’Algérie, une « terre unique au monde », une terre « habitée par les dieux » comme il l’écrira dans « Noces ». Cette nature intime, enfin, ancrée sur sa terre, à l’écoute des voix du quartier pauvre, les nuits de Belcourt, le tyrannique soleil et la mer méditerranée, enseignent à Camus la fidélité et la ténacité muette, deux petites vertus, qui feront que son œuvre soit sincère et profondément vraie : «  Car la beauté corrige la misère. Le regard d’Albert Camus s’aiguise et refoule l’amertume, la colère ou le ressentiment. Il lui est donné d’admirer, de reconnaître et de remercier. C’est dans cette posture intérieure, très tôt spiritualisée, qu’il va former. Le sacré fait désormais partie de sa vie, corrige des idées fausses et l’émerveille, comme il nourrira son écriture »

2-1- Noces : La Grandeur sacrée de l’homme sans Dieu

« Noces », un essai très nietzschéen écrit Pierre Brunel, célèbre les joies de l’homme dans le monde. Cette collection de quatre essais raconte les tribulations d’un jeune homme en proie à ses propres angoisses. Mais un jeune homme qui marche à la « rencontre de l’amour et du désir », qui se détache de ces hommes que « beaucoup de science ont ramené à Dieu », lui, ouvre les yeux à la grandeur insoutenable du monde. « Noces à Tipasa », s’ouvre d’ailleurs sur les dieux qui parlent dans les absinthes. Mais ces dieux, que le jeune homme constate leur mort, triomphe admirablement de leurs consolations creuses. Devant ces dieux qui « servent de lits », lui sait bien que cette grandeur qu’il réclame : aimer le monde sans mesure. C’est en ceci que s’exprime la sacralité. Une sacralité sans présence divine. Le jeune homme, qui peut rappeler un Saint-Augustin avant la conversion, qui courait derrière les jeunes filles sur les plages de L’Afrique du Nord ! Le narrateur de Noces le décrit si bien dans L’été à Alger : « Les hommes trouvent ici pendant toute leur jeunesse une vie à la mesure de leur beauté. Et puis après, c’est la descente et l’oubli. Ils ont misé sur la chair, mais ils savaient qu’ils devaient perdre. A Alger, pour qui est jeune et vivant, tout est refuge et prétexte à triomphes : la baie, le soleil, les jeux en rouge et blanc des terrasses vers la mer, les fleurs et les stades, les filles aux jambes fraiches. » Le sacré qui fait vraisemblablement la grandeur de l’homme n’est pas en Dieu. Il est dans le monde. Et Camus, rivé sur les plaisir sensuels de son effusion dans ce monde, refuse de l’abandonner aux jeux de l’espoir. Ces jeux qui proposent à l’homme de se décharger du poids de sa propre vie. Or, à ces jeux d’espoir, le narrateur de « Noces » s’y refuse obstinément parce que devant le monde, c’est effectivement, un certain poids de vie qu’il réclame et qu’il obtient ! Car, abandonné de lui-même, il se sent sans défense contre les forces lentes qui, en lui, disent non et avec force. Il l’affirme avec force aussi dans Le Vent à Djémila : « Peu de gens comprennent qu’il y a un refus qui n’a rien de commun avec le renoncement. Que signifie ici les mots d’avenir, de mieux être, de situation ? Que signifie le progrès du cœur ? Si je refuse obstinément tous les « plus tard » du monde, c’est qu’il s’agit aussi bien de ne pas renoncer à ma richesse présente. Il ne me plait pas de croire que la mort ouvre sur une autre vie. Elle est pour moi une porte fermée. » Hors du monde point de salut ! Une affirmation inaugurale, mais une affirmation qui marquera toute l’écriture de Camus. Débarrassé des signes des divinités, l’essayiste s’est lancé dans une sorte de méditation secrète avec le monde, seul digne du salut de l’homme. Il n’est pas incorrect d’ailleurs de dire qu’il y a là l’affirmation d’une posture pérenne chez l’auteur. Aussi, le jeune homme abandonné aux richesses du monde, que lui procure la terre d’Algérie, comprend ce que peut être, pour un homme, la gloire et la grandeur. Une terre où il joue sa vie entière sans préjugés, une vie qui a le goût des pierres chaudes, du soleil, qu’il aime avec abandance et qui lui donne l’orgueil de sa condition d’homme : « Pourtant, on me l’a souvent dit : il n’y a pas de quoi être fier. Si, il y a de quoi : ce soleil, cette mer, mon cœur bondissant de jeunesse, mon corps au goût de sel et l’immense décor où la tendresse et la gloire se rencontrent dans le jaune et le bleu. C’est à conquérir cela qu’il me faut appliquer ma force et mes ressources. Tout ici me laisse intact, je n’abandonne rien de moi-même, je ne revêts aucun masque : il me suffit d’apprendre patiemment la difficile science de vivre qui vaut bien tout leur savoir vivre. » Cette grandeur trouvée dans la terre, le soleil, la mer, sans signes des divinités ; dans cet élan païen, rassure le jeune narrateur de « Noces » d’une assurance joyeuse, mais aussi secrète. Car, devant ce monde il ne faut pas mentir. Il y faut porter jusqu’au bout sa conscience d’homme. Cet homme qui regarde sa vie avec profusion refuse d’abandonner son sort, ni de le condamner à des consolations creuses, parce qu’il le lie à celui des hommes. Car encore, il ne faut jamais se séparer du monde. Il faut s’attacher aux hommes qui vivent « au lieu de contempler le ciel qui dure, [et] entrer sans joie dans l’accomplissement, conscient des images exaltantes d’un monde à jamais perdu. » Les liens de Camus avec la terre d’Algérie ont renforcé ce sacré païen, sans Dieu, et lui ont donné à chercher où le cœur trouve son accord et ses certitudes valables pour une seule vie d’homme. L’été à Alger le dit sur un ton proprement camusien : « Mais à cette patrie de l’âme tout aspire à certaines minutes. ʺ Oui, c’est bien là-bas qu’il nous faut retourner.ʺ Cette union que souhaitait Plotin, quoi d’étrange à la retrouver sur la terre ? L’Unité s’exprime ici en termes de soleil et de mer. Elle est sensible à un cœur par un certain goût de chair qui fait son amertume et sa grandeur. J’apprends qu’il n’est pas de bonheur surhumain, pas d’éternité hors de la courbe des journées, ces vérités relatives sont les seules qui m’émeuvent. Les autres, les « idéales », je n’ai pas assez d’âme pour les comprendre. » « Noces » explore ainsi les vertiges intimes d’un homme aux prises avec le monde. Vertiges qui se manifestent par l’ébranlement des sens, de la sensibilité d’un auteur jusque-là étranger à la religion telle qu’elle s’exprime par des observances, par des soumissions à des dogmes, à des institutions, l’Eglise en l’occurrence. En effet, l’abondance sensuelle, charnelle, intime aux forces du monde et le refus de faire le saut en Dieu, montre bien de quel côté l’auteur cherche une signification du sacré. L’abondance aux joies et aux richesses du monde, pense l’auteur de « Noces », l’ébranlement de l’être intime du jeune homme par les forces qui animent le monde modèle son destin. C’est ce qui lui procure l’émotion vraie, lui qui n’attend pas de lendemain. Car, pense-t-il « [c]ette impassibilité et cette grandeur de l’homme sans espoir, cet éternel présent, c’est cela précisément que les théologiens ont appelé l’enfer. » L’être ébranlé par tant de richesses d’ici, l’homme jeune se refuse de pécher contre la vie qui « n’est peut-être pas tant d’en désespérer que d’espérer une autre vie, et se dérober à l’implacable grandeur de celle-ci.» Cet homme jeune, comme d’autres races d’hommes nés de soleil, ne triche pas, ni ne commet un péché pour avoir refusé tout espoir en Dieu. Et, « Dieux de l’été, ils le furent à vingt ans par leur ardeur à vivre et le sont encore, privés de tout espoir. » Ainsi vivre le monde est le contraire de se résigner. Et l’homme jeune, fier et grand d’une grandeur sans espoir, qui regarde les appels d’un autre monde comme « quelqu’un qu’on prend à la gorge et qui crie sa foi comme une dernière parole » parce que tout en lui « protestait contre une semblable résignation. ʺIl fautʺ, disaient les inscriptions. Mais non, et ma révolte avait raison. »

2-2- L’Etranger : le sacré sans le rachat

« L’Etranger », premier roman de Camus retrace autrement l’expérience de « Noces ». Il s’agit de Meursault, héros éponyme d’un texte qui ne cesse de faire objet de moult critiques et lectures. Meursault, qui n’a pas été à Tipasa, est un personnage cortical, atypique, et qui, différemment du jeune homme de « Noces », retrace une autre expérience du sacré. La première rencontre de Meursault avec le sacré, est d’entrée de jeu, dans la première phrase : « Aujourd’hui maman est morte… ». La mère, figure sacralisée dans l’œuvre et dans la vie de l’auteur, elle domine la totalité du roman. Elle le hante presque. D’ailleurs, Meursault a été condamné non pas pour avoir tué l’arabe, mais pour ne pas avoir pleuré sa mère. Il a été coupable de sacrilège vis-à-vis de ce que devrait être l’attitude d’un enfant devant la mort de sa mère. L’institution judiciaire très observante à ce propos le lui fait signifier à travers les propos du juge : « Il a murmuré : Je n’ai jamais vu d’âme aussi endurcie que la vôtre. Les criminels qui sont venus devant moi ont toujours pleuré devant cette image de la douleur.» Meursault n’a pas pleuré sa mère. Il a adopté une attitude étrange devant une figure sacrée. Ce sacré que l’institution observe est celui-là même qu’observent les hommes par obligation morale, religieuse. Le premier chapitres de L’Etranger fait mention de cette attitude de sacrilège, où le narrateur héros du récit, fait savoir que ce n’est pas de sa faute si sa mère est morte et qu’elle a souhaité être enterrée religieusement : « Je l’ai remercié. Maman, sans être athée, n’avait jamais pensé de son vivant à la religion. » L’attitude de Meursault est encore des plus étrange lorsqu’une pensée le traverse : « J’ai bu. J’ai eu alors envie de fumer. Mais j’ai hésité parce que je ne savais pas si je pouvais le faire devant maman. J’ai réfléchi, cela n’avait aucune importance. » Le sacré que Meursault ne s’y souscrit est institué par la société à laquelle il est étranger. Il refuse de se soumettre aux exigences ancrées par les habitudes des hommes, auxquels il ne reproche rien d’ailleurs, mais il agit selon une seule idée que si les gens observent une telle attitude ne le gêne pas et que ce n’est en rien de sa faute. De ce poids sacré de la mère morte, Meursault une fois enterrée, il se sent délivré et ressent même de la joie : « Il y a eu encore l’église et les villageois sur les trottoirs, les géraniums rouges sur les tombes du cimetière, l’évanouissement de Pérez [on eut dit un pantin disloqué], la terre couleur de sang qui roulait sur la bière de maman, la chair blanche des racines qui s’y mêlaient, encore du monde, des voix, le village, l’attente devant un café, l’incessant ronflement du moteur, et ma joie quand l’autobus est entré dans le nid de lumières d’Alger et que j’ai pensé que j’allais me coucher et dormir pendant douze heures. » Ainsi enterrée, Meursault se voit délivré d’un poids énorme, d’une épreuve où le sacré en est la matière. Néanmoins, le sacré, Meursault va le rencontrer tout au long des chapitres suivant jusqu’à son arrestation après le meurtre. Il va revenir à sa vie quotidienne de petit fonctionnaire.

À suivre

Par : Messaoud Belhasseb Enseignant Littérature Française Université 8 mai 1945 – Guelma.

Dernière modification le samedi, 17 juin 2017 17:30
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