Décès d’Abdelhak Bererhi

Un homme de grande valeur s’en va

28 Fév 2018
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Docteur en médecine, professeur en histologie-embryologie, il était considéré comme un intellectuel accompli qui n’a jamais concédé la moindre parcelle à la médiocrité. Avant d’être promu au poste de ministre de l’Enseignement supérieur, il fut doyen de la faculté de médecine de Constantine, avant de devenir recteur de l’université de la même ville. Entre 1979 et 1983, il fut témoin de l’implantation en force des courants islamistes à l’université. En sa qualité de ministre connu pour sa largesse d’esprit et sa tolérance, il avait essayé de maintenir le dialogue avec les différentes tendances politiques et idéologiques qui se battaient à l’époque pour le contrôle du campus, mais tous ses efforts n’ont pas abouti face à la montée irrésistible de l’islamisme radical. Le 2 novembre 1982, il fut témoin de l’assassinat, à la cité universitaire Taleb Abderrahmane de Benaknoun à Alger, de l’étudiant Kamel Amzel. Ce dernier fut tué alors qu’il s’apprêtait à coller une affiche appelant les étudiants à une assemblée générale afin d’élire un comité de cité. Ce fut une nuit horrible, durant laquelle Abdelhak Bererhi a dû faire appel à tout son courage et son engagement pour ne pas jeter le tablier et rentrer chez lui. Même quand il quitta le ministère, les courants conservateurs ne l’avaient pas lâché. Moderniste convaincu et républicain conséquent, il était considéré comme la « bête noire » de tous ceux qui voulaient enfermer l’université algérienne dans une « logique » régressive.  Il était le continuateur de l’œuvre réformiste initiée par Mohamed Seddik Benyahia. En désespoir de cause, il finit par prendre sa retraite, mais sans abandonner le combat pour une Algérie de science et de savoir. Malgré la déception de voir le pays devenir le théâtre d’un génocide sans nom provoqué par le terrorisme, il a tenu à défier le découragement, en donnant corps, en 1998, au Comité des citoyens pour la défense de la République dont le but était de   « concrétiser l’alternative démocratique et citoyenne ». Il se consacra ensuite à la rédaction de ses mémoires, dont le premier tome est déjà sorti, avant d’être pris dans la tourmente de la maladie.  En décembre dernier, son nom a été évoqué,  lorsqu’il a adressé, à ses compagnons un message, via Facebook, leur annonçant sa lourde maladie. « Je m’adresse à vous, pour vous informer des raisons de mon silence. Cloué au lit depuis le mois de novembre, du fait de l’apparition de deux métastases au cerveau, actuellement traitées par radiothérapie, je vis dans des conditions très éprouvantes. Je résiste malgré tout, pense à vous et vous exprime toute mon affection ».

Mohamed Mebarki

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