Ecritures féminines algériennes, 1999 – 2019

Entre le sang et le jasmin (I)

07 Avr 2019
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La littérature algérienne d’énonciation féminine de ces vingt dernières années ( 1999 – 2019) semble privilégier le genre de la nouvelle esthétiquement plus apte à « l’urgence » de cette période de violences sociales et politiques, marquée par la décennie noire dont la femme algérienne a été et est doublement victime : régression de ses acquis des droits et des libertés collectifs et individuels tels qu’ arrachés et pour certains institués dans les années soixante-dix et quatre-vingt et exprimés dans la création littéraire de cette époque, disparus depuis, y compris dans la production de l’imaginaire. C’est pourquoi, sans doute, l’aspect «  témoignage » prime dans plusieurs écrits – recueils de nouvelles ou romans qui insèrent les anciennes thématiques de la condition féminine comme une survivance de l’être féminin algérien partagé, tiraillé, déchiré, entre, d’une part, une symbolique d’une tradition à la gloire de ses anciennes représentations actives et fécondes dans le champ de la nostalgie poético-musicale et littéraire de l’oralité contenu dans l’image florale du « jasmin » et, de l’autre, cette fois, dans ses froides graphies bouleversées, la violence de l’interdit de sa parole, de ses libertés bafouées au nom du Père, des Fils, du retour d’Abraham dans une Algérie du parricide, du fratricide et du matricide. Au tout début de l’année 2000, l’une des œuvres les mieux construites et qui reste à ce jour novatrice par son originalité tant sur le plan thématique que formel est, sans nul doute, L’œil du chacal (Ed. Barzakh, 2000) de celle qui s’est fait connaître sous un pseudonyme ludique : Younil. Dans ce recueil de nouvelles, pas de jasmin ; le sang est le principal actant dans d’étranges scènes érotico-ludiques : sang de combats tauromachiques où de jeunes toréadors à la force décuplée s’enivrent de victoires ; sang mêlé à l’honneur de la cité en guerre contre l’occupant ; sang dégoulinant dans le grand miroir des lupanars où les « je » du désir se métamorphosent en « Moi » vampiriques. D’écriture inégale, d’autres écrits toisent la noirceur du présent social et les miasmes des jacqueries politiques avec quelque aplomb et ressentiment. L’Année de l’éclipse de Latifa Benmansour ( 2001) , Sang et jasmin de Leila Hamoutène ( 2001) et Au commencement était la mer de Maïssa Bey ( 2003) livrent une intériorité, certes troublée, inquiète quand elle n’est pas angoissée, mais aussi, tout à la fois, inédite, surprenante de vivacité, frondeuse, se voulant démystificatrice. De la même génération, ces auteures font preuve d’une convergence thématique remarquable. Narratrices d’une période à propos de laquelle Yamina Mechakra, écrivaine pionnière d’une Algérie en larmes de sang après celle des armes, déclarait qu’elle avait donné lieu à «  une expression inattendue de la parole féminine », elles semblent décrire plus ne narrent. Leur parole est nue, crue, abondante, sans masques, quotidienne, presque banale mais d’une sensibilité à fleur des mots et de peau. Leurs héroïnes, Hayba, Nadia ou Warda, du même âge, d’un même idéal, survivent ou meurent, chacune de sa version singulière d’une même tragédie, celle de la disparition du jasmin fané. C’est pour mieux la broyer vivante que les terroristes islamistes ont laissé la vie sauve à Hayba, l’héroïne de L’Année de l’éclipse de Latifa Benmansour. Après l’avoir violée, elle sera abandonnée par les siens qui est, désormais pour eux, « une salissure ». Réfugiée à Paris, son esprit en perte totale de repères spatio-temporels et affectifs, erre, épuisée par un présent aride. Exsangue, comme le personnage de l’excellent roman, bref et incisif La Suture de Sabrina Kherbiche (1993), Hayba est ballottée entre évanouissements, crise de désespoir jusqu’à l’apothéose d’un accouchement qui lui redonne vie après qu’elle ait élu la mort comme unique issue fatale à sa vie défaite. La trame narrative de l’ouvrage de Latifa Benmansour ne prend figure d’aspect romanesque que dans ses dernières pages au moment de l’agonie-résurrection de l’héroïne en salle d’accouchement : donner la vie ou expulser l’objet infect du viol collectif dans les maquis terroristes ? L’héroïne de Au commencement était la mer, premier roman de Maïssa Bey par lequel elle s’est construite un univers romanesque singulier, est contrainte de se donner la mort. Au terme d’une saison d’amour pour un garçon de son âge, Nadia est enceinte de lui. Elle découvre, derrière le masque du chevalier idyllique le temps d’un été, un esprit étroit et conformiste. Pour ne pas offusquer sa mère, celui-ci renie Nadia. Seule, dans sa petite chambre de lycéenne, elle affronte le douloureux paroxysme «  d’un accouchement pour rien, pour mettre au monde la mort ». Après avoir tenté de se ressourcer à ses racines villageoises, elle est lapidée par son « frère » de l’ombre, happé par l’intégrisme. Ce roman poignant obéit à un procédé d’écriture qui nourrit le suspense. Le texte, dépouillé, cisèle les situations et les rend incisives. Sang et jasmin de Leïla Hamoutène est une narration polyphonique qui fait défiler, galerie sociologique, des portraits de jeunes d’une cité dortoir algéroise, chacun ayant, dans le corps textuel, son chapitre formel. Leïla Hammoutène avance deux raisons principales qui l’ont poussée à écrire ce roman de la descente aux enfers. Pour l’auteur, la première motivation s’explique par le fait que les années 1993 et 1994 lui ont paru être ou plutôt ont été les plus cruelles qu’elle ait eues à vivre : « En tant qu’algérienne, en tant que femme, à tous les niveaux de ma vie, je trouve que c’étaient des années atroces, dures ». La seconde raison qui énonce le contraste symbolique dans le titre entre « sang » et « jasmin », dépourvus de déterminants, est conséquente à la première : «  Je me suis toujours demandé comment nos adolescents ont-ils vécu cette période que nous avons du mal, nous adultes, à vivre, à assumer, à comprendre... Il faut que les choses soient prises en main, qu’on s’occupe véritablement de toute cette enfance, de son éducation, de son devenir. En dehors de l’école, où et comment, avec quelles expériences et quels moyens ces enfants vont-ils s’épanouir ? A quoi vont ressembler ces enfants si les adultes continuent à fuir leur responsabilité ? ». Par ces propos, la dimension pédagogique du roman Sang et jasmin l’emporte sur l’aspect politique, au sens d’engagement du terme, comme c’est le cas dans plusieurs autres écrits composés de perceptions multiples d’une réalité complexe et ensauvagée que nulle fiction, aussi puissante soit-elle, n’épuise. Contrairement à Hayba et Nadia, Warda l’héroïne de Leïla Hammoutène irradie de beauté et d’équilibre son entourage. Malgré les machinations de son frère aîné, religieux intégriste, elle s’obstine, s’entête farouchement à construire un avenir différent de ses amies, voisines de son âge avec le soutien de Saïf, son plus jeune frère handicapé, et d’un couple de voisins qualifiés « d’éclairés ». Mais, comme subissant elle-même les pesanteurs des urgences sociales, Leïla Hammoutène s’empêtre dans des comptes rendus fastidieux, quasi journalistiques, pour dépeindre une époque saturée, minorant, ainsi, la fiction, versant dans des descriptions du réel socio-économique immanent. Les différents moments du récit sont saturés de lourdeurs en digressions idéologiques, mais gagnent, en revanche, en valeurs documentaires sur la fracture des familles, l’enfance déstructurée, les détresses affectives, la société disloquée. Glaise rouge, après Agave, de Hawa Djabali paru dans la revue Algérie Littérature Action (1999) ajoute aux précédentes fictions mitigées une dimension onirique mais déjà pénétrée du dedans de la tragédie du terrorisme islamiste. Un double défi s’amorce par les protagonistes, voix féminines du roman : affirmer d’une part, une féminité combative et, de l’autre, par celle-là même, une opposition franche, sans équivoque, à l’islamisme politique. Hawa Djabali a choisi la distanciation par le recours à la troisième personne, évitant le « je » de la narratrice qui l’eût trop impliquée dans ses confidences livrées à son univers poétique ? : « Elle était là pleine d’idées et de projets, vivant dans un quotidien poétique auquel il ( son compagnon) n’avait pas accès. Elle avait commencé à écrire, à publier, il ne l’avait pas supportée et la haine avait pris la force sur l’amour...Etrange histoire qui avait vieilli comme le petit bouquet de fleurs d’orangers séchées, rangé dans une petite boîte, qui n’avait plus ni parfum ni couleur et ne signifiait plus rien qu’un événement passé, dérisoire... ». L’opposition entre un «  il » indifférent et un «  elle » passionné est nette; entre un « Elle », symbole vivant de l’écriture et de la création littéraire et un « Il » qui s’avère négateur de celles-ci. C’est par cette brèche de faux-semblant à l’image de ce « Il » que s’engouffrent les attitudes d’intolérance ; nid social et traditionnel fécond de prêcheurs intolérants qui vont précipiter les rêves de la narratrice dans le cauchemar. La jeune fille, ainsi est identifiée au personnage principal de ce roman et est fermée aux autres et à elle- même. Mais sa vie intérieure intense et son extrême sensibilité lui font percevoir les secrètes voix des aïeules enfouies sous l’olivier millénaire et la puissante et irrésistible attraction de la glaise rouge des poteries traditionnelles dont elle s’enduit le corps un matin de printemps pour s’unir, charnelle, à la terre, conçue à la fois comme principes divins et féminités primordiales des ancêtres. Renouant avec les rites extatiques, la jeune fille « du jasmin » et « de la glaise rouge » se découvre, au terme d’une danse extatique, synthèse vivante et totémique des femmes du passé et point de départ des femmes à venir. Après avoir quitté Alger, mélasse urbaine où son corps est criblé, fusillé de regards mâles concupiscents, c’est au sein du village des aïeux, auprès de sa grand-mère maternelle et de Hanana, sa mère spirituelle initiatique, qu’elle renaît à la vie. Elle tend le cœur et la main à l’amour passionné que lui voue un jeune instituteur. Mariage. Et divorce sept années après. Entre temps, la jeune femme s’est mise à écrire avec la rage de dire, de créer dans les vomissures d’une quotidienneté déprimante. Derechef, son époux n’a pu supporter la femme d’écriture qu’elle est. Il la désire « sage », « aimante », « décorative » de sa vie. Le jour où elle reçoit une lettre de menace des intégristes, il l’en rendra responsable : «  C’est de ta faute, tiens-toi tranquille, tu les provoques, arrête ces articles ! ». Ne pouvant résister à cette double menace, elle va se réfugier à l’étranger pour continuer à étudier et à créer. Mais le malheur l’y rattrape : sa grand-mère et Hanana, son aïeule spirituelle, sont assassinées dans des circonstances atroces par un groupe de terroristes. Son séjour à l’étranger se transforme alors en un exil amer. Elle s’accroche au pays par un devoir de mémoire, éviter que le jasmin qui éclot dans sa mémoire ne se fane : « Elle pensa qu’il fallait se souvenir de tout, des terrasses de la vieille ville assassinée, des couchers de soleil, des rires, des recettes de gâteaux, du métier à tisser, des chansons (...). Elle pensa que sa colère ne devait pas fléchir, qu’elle la voulait longue, parfaitement calme, solide, inusable, prête à saisir le bon moment… ». Ce roman, découpé selon les saisons et les mois de l’année, est construit sur un ensemble de tableaux d’une violente sensualité où la liberté d’être femme et femme de création s’exprime dans un climat d’intolérances multiples et de morts violentes. Laura Mouzaïa, pour sa part, dans son poignant roman autobiographique La Fille du berger (2000 ) écrit à la première personne sa propre révolte : « J’écris... pour dire que j’existe, que je ne suis pas dupe, que je refuse l’arbitraire. Je le dis avec toute ma sincérité, ma féminité. Je refuse de me taire, de me soumettre. Je veux crier tout fort ce que nos mères et les mères de nos mères ont toléré tout bas. Je refuse d’être un jouet entre leurs mains. J’ai mon identité... ». Affirmation et entêtement lourds de sens et du prix à payer pour la liberté de dire « je » et non « on » ou « nous » au nom d’un collectif tribal ou du harem. Ecrire sa vie, la dévoiler à travers les interstices des rideaux de fer des interdits de la communauté mâle et femelle beuglante, respirer à pleins mots l’air de liberté de la pionnière autobiographie Histoire de ma vie de Fadhma Aït Mansour Amrouche qui a inspiré Ces voix qui m’assiègent de Assia Djebar, est, pour Laura Mouzaïa, une véritable mutation de l’ordre féminin qui passe ainsi de l’anonyme des souffrances endurées dans le mutisme féminin groupal à l’identité d’un « je » irrédent, en rupture violente avec le poids mortel des préjugés et du joug de la Tradition. L’émancipation passe autant pour Hawa Djabali que pour Laura Mouzaïa par la violence de l’écrit et non plus dans les complaintes groupales, vues par les oralistes comme signes féconds d’une identité perdue à sauvegarder. Les mutilations, souvent magnifiées du «  je » féminin dans les écrits des écrivains de la génération de Feraoun, ont servi de réservoirs de nostalgie amoureuse sur fonds de vendetta. L’altière Aâzi de La Colline oubliée ne sera admise dans sa belle- famille et ne conquerra le cœur de Mokrane, son époux, que reproductrice du modèle villageois. Tout le suspense du roman tient dans l’attente de sa « fécondité » comme les villageois accueillent la récolte d’huile. Ce n’est qu’au bout du récit, après maints recours aux pratiques extatiques, que Aâzi apprend à Mokrane qu’elle est enceinte de lui. Mais trop tard. Dans sa hâte éperdue de rejoindre le village pour célébrer la naissance du Fils « tribal » et pouvoir reprendre sa place d’homme «  reproducteur » au sein de la virilité ambiante, identité de la communauté, Mokrane meurt enfoui sous la neige sur le col de Tizi N’Kouilal du Djurdjura. La beauté romanesque de tant de personnages féminins de la littérature algérienne tient du désastre de la réalité sociologique des femmes qu’elle travestit en la magnifiant. L’aspect romancé de ces personnages féminins atténue leur propre souffrance et met en arrière-plan leur statut social minoré. Dans son autobiographie romancée, écrite à la première personne, La fille du berger Laura Mouzaoui refuse d’être une Aâzi ou une Chabha. Ce récit d’exil pathétique exorcise, dans une écriture sensitive mais forte du refus de la servitude, le mal des racines au double sens de l’expression : la compassion pour ses aïeules victimes de leurs propres croyances en l’ordre établi depuis des générations. Elle raconte, à travers le regard apeuré de l’enfant qu’elle fut, silencieuse et toujours cachée dans l’ombre de sa mère elle-même ombre d’elle-même, le départ de sa famille en France, le froid et les maladies des mines du Nord où le père trime mais toujours ancré dans son despotisme familial et l’ennui mortel de sa mère affaiblie par les naissances ininterrompues de...filles. Ce triste et poignant tableau sociologique, rendu dans des passages pathétiques si bien écrits, n’est pas décrit pour lui-même, ni n’est un pur exercice de style. Il est argumentaire à la volonté de casser l’amphore de la tradition. L’école, ce lieu de la délivrance, est le seul refuge en même temps qu’issue libératrice des carcans misogynes. Mouloud Mammeri, ayant lu le manuscrit de Laura en 1987, écrit à l’adresse de l’auteur : « Je voudrais vous faire mes compliments pour toute la vérité nue, noire, sanglante quelquefois... » Un Ciel Trop bleu de Rachida Titah ( 1998) est un recueil de nouvelles qui puisent du contexte socio - politique de l’Algérie post-1988 avec une certaine distanciation dans le regard littéraire, des scènes marquées par la violence du terrorisme islamiste et le diktat du pouvoir politique en place. Ecrites entre 1990 et 1996, les vingt nouvelles qui composent ce recueil auraient pu être le calque réaliste de cette période des grands massacres car bien des situations en évoquent la démesure du drame… Mais, l’auteur, en transcendant ce qui eût été une simple série de faits-divers, s’emploie, par une écriture qui donne force aux mots et à une syntaxe ampoulée, opposant la phrase indolente aux avalanches lexicales, à débusquer le tragique de son lieu commun pour l’inscrire, en profondeur, dans la conscience blessée de ceux, et surtout celles, qui en ont été à jamais foudroyés, traumatisés. Blessures du cœur, déchirures de l’âme, plus que celles du corps. Muette, car trop vive, la douleur creuse la mémoire, la poursuit jusque dans ses tréfonds, la vide de ses secrets d’enfance et la projette, nue, ensanglantée, dans un monde qui, otage de semeurs de morts, arrache la mère à son enfant, sème la discorde, nourrit la haine là même où l’amour, la vie et l’espoir se construisent, bâtissent, instaure le règne de hérauts maléfiques. C’est le règne «  des familles de la forfaiture, de l’imposture, de la falsification et de l’infamie » En une chiquenaude, le sourire de l’enfant, les sacrifices de la mère, l’idéal d’une jeunesse, la paix d’un village, le bleu du ciel deviennent corps et chair déchiquetés, déflagrations morales, haines familiales, destructions et exil. Que peuvent toutes ces victimes de l’ombre devant la furie de l’intolérance ? Quelques indices périphériques et textuels permettent de replacer les métaphores de l’horreur dans leur réalité référentielle. Rachida Titah y dressent des « portraits types » façonnés dans les douloureux événements de l’Algérie qu’évoque le repère datif de chaque récit. Rupture des consciences, désillusions de promesses de l’Histoire, inversion des valeurs et perte des repères crus sécurisants...Tout bascule dans la violence et l’irrationnel. Les personnages n’ont pas de nom. Ils s’énoncent, le plus souvent, en initial du récit, par l’anonymat de la non- personne, des «  il(s) », des «  elle(s) » qui, dans la progression de la fiction, prennent du relief face aux épreuves douloureuses qui font leur identité anonyme. Ils y entrent avec la fougue de vivre le cours tranquille d’une existence familiale harmonieuse ou banale jusqu’au jour où, brutalement, les liens se disloquent, les fondations cèdent, béantes, sous les forces maléfiques de l’inquisition et de la barbarie. Ils n’en sortent que morts ou désespérés. Le style des nouvelles, souvent, brèves et instantanées comme des flashs d’un reporter-photographe sur les lieux du drame, est bâti sur deux images antinomiques, distendus dans leur durée : la vie qui s’écoule, doucement, puis, brutalement s’écroule et la mort violente qui frappe. Au bonheur d’être, même anodin, se substituent des signaux de détresse et des cris de suppliciés… À suivre

Rachid Mokhtari

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