BISKRA

Chômage, pauvreté et démobilisation

03 Jui 2019
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Face à un quotidien de plus en plus difficile, tous les moyens sont bons pour survivre.Autrement dit quand la pauvreté se greffe à l’habitat, au chômage et à la mal-vie pour dessiner une toile de fond dont la conséquence est de plus en plus grande et le taux de paupérisation de plus en plus important, il n’est pas étonnant de voir des rues et placettes peuplées d’une étrange cour où se côtoient, le mendiant, la vieille en haillons, des jeunes filles à la fleur de l’âge, des mères célibataires et des bébés allongés à même le sol. À la hausse vertigineuse des prix correspond une érosion du pouvoir d’achat. Il s’agit sans aucun doute d’un cercle vicieux ayant pour spectacle une augmentation de la mendicité, des fins de mois de plus en plus difficiles pour ceux qui travaillent bien sûr, une jeunesse en quête de n’importe quoi , un  trabendisme  galopant et depuis un certain temps le grand banditisme, vols de voiture, drogue ou encore des cercles mafieux à tous les niveaux mais aussi des suicides ( 4 durant ce mois  dont une jeune collégienne ).  Le drame est, que si le nivellement s’opère par le bas avec l’absence totale de projets dans le bâtiment et travaux publics, grand pourvoyeur d’emplois durant les dernières années, beaucoup de travailleurs sont venus grossir le lot déjà important des démunis. Les difficultés se sont répercutées sur certaines familles. Désormais handicapés, malades mentaux et personnes du troisième âge arrivant de partout et de nulle part sont rejetés.  Livrés à la rue les enfants sont tenus de participer financièrement aux charges du foyer. Après l’école, devenus ‘’commerçants ‘’  de circonstances,  ils mettent leur grain de sel pour échapper aux besoins de la famille et auxquels le père ne peut subvenir.  À la rue Émir Abdelkader au centre-ville , sous les arcades une femme attend, ses deux filles assises à même le carrelage , un bébé sur les genoux. Apparemment elle n’attend personne sauf un élan de générosité des passants qu’elle ne sollicite que du regard, en ce mois de piété et de miséricorde.   Et pourtant rien dans son aspect physique, ni dans ses habits et ceux de ces enfants ne le laisse paraître, sauf peut-être dans le regard perdu dans le passé ou encore ses enfants qui ne demandent qu’à comprendre ce monde où se mêlent le mouvement des passants avec le bruit des talons et les éclats de voix étouffées par le ronflement des voitures. « Je travaille  pour mes enfants, j’ai perdu mon mari qui était en chômage et malade sans couverture sociale, il ne m’a rien laissé pas même un toit  sauf ces trois orphelins ». Elle travaille pour ses enfants, en effet et c’est semble-t-il à voir son comportement timide, la dernière recrue qui porte le nom du premier homme d’État, chef de l’insurrection populaire l’Émir  AEK Ibn Mohiédine. Une parmi les dizaines et même les centaines qui ont échoué comme elle dans cette artère sans abri et sans sources de revenus. Une famille de plus qui se retrouve à la rue. Une pauvre de plus qui vient allonger la très longue liste des démunis, une liste qui ne risque pas d’être close. Mais la pauvreté ne s’affiche pas seulement dans une rue, sur l’asphalte, sous les arcades de la CNASAT, de la SAA ,du côté de la Maison de la culture ou la rue des Ziban, elle peut également sévir dans les foyers, les quartiers populaires et le bidonville de « Tabeg el kelb » aussi « célèbre » que le nom qu’il porte. Quand on se retrouve définitivement au banc des laissés-pour-compte, la misère vous guette pour faire de vous le visage qui se cache mais dont la main se tend, la voix qui agresse quand la main arrache, les yeux qui supplient, quand la main s’appuie sur une canne ou encore le regard qui implore quand vos pas se détournent. Mais tant qu’il y a cette générosité des femmes et des hommes  des Algériens avec un grand A ,humains avec un grand H jusqu’à la moelle épinière, l’espoir est permis. Déjà, des associations malheureusement peu nombreuses s’activent. L’administration (direction de l’action sociale, APC, ) et les bienfaiteurs offrent un filet social mais dont l’efficacité n’est pas toujours probante puisque géré à partir de fauteuils  pivotants et un ennui certain. Alors que faire ?   

A.Ghennai    

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