Grève des personnels de l’université Med Chérif Messadia

Les étudiants pris en otage

11 Jui 2019
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Avant-hier, comme annoncé dans ces mêmes colonnes le jour même, les enseignants et les employés affiliés à la FNEU ( Fédération nationale des enseignants universitaires) relevant de l’UGTA sont entrés en grève illimitée. Munis de pancartes et de banderoles mettant en cause essentiellement la gestion de l’institution, ils se sont réunis à partir de 10 h devant le rectorat où ils ont observé un sit-in en clamant des slogans hostiles particulièrement au recteur et au secrétaire général avant que le groupe de protestataires estimé à plusieurs dizaines d’éléments des deux sexes ne s’ébranle pour effectuer une marche à travers les allées de l’établissement pour revenir ensuite à son point de départ. Notre appel à la grève a été suivi à 100%, si bien que l’ensemble des activités de l’université qu’elles soient pédagogiques ou administratives fait l’objet d’une paralysie totale. Aucun cours, ni aucun examen n’a lieu au niveau de toutes les facultés. Par cette action, nous voulons exprimer notre désapprobation concernant la manière dont est gérée l’université et en même temps dénoncer l’entêtement de ses dirigeants à refuser le dialogue. Nous disposons à ce propos de documents qui peuvent justifier, si besoin est, notre volonté à privilégier cette démarche. Nous avons eu d’ailleurs avec le rectorat auparavant des rencontres où des promesses nous ont été faites à propos de nos revendications. Mais malheureusement à partir d’un certain moment nos relations ont commencé à se détériorer suite au doute que les responsables visés ont cherché à semer concernant notre existence même en tant que représentants syndicaux légitimes. Ce qui est désavoué par tous les enseignants et tous les employés. Dès lors, pour toute réponse à nos revendications, les dirigeants ont choisi la fuite en avant en annonçant leur démission collective avant de revenir très rapidement sur leur décision provoquant ainsi un malaise très compromettant au sein de l’université. C’est pourquoi nous demandons le départ des principaux dirigeants qui sont derrière cette regrettable situation, à savoir le recteur, le secrétaire général et le responsable des relations extérieures...’’, nous a déclaré M. Réhailia Bilal, le S/G de la section universitaire FNEU. M. Mahrez Noureddine, du même syndicat, abondera dans le même sens affirmant notamment que, contrairement à ce qui est avancé par le recteur, la section dont il fait partie active tout à fait légalement d’autant plus, arguera-t-il, qu’elle a toujours été sollicitée dans le cadre de la commission du logement locale et tout dernièrement pour la réunion du 22 mai avec le staff de la direction relative à la conférence nationale que le recteur dit avoir été finalement annulée pour des raisons que nous ignorons «  Nous avions préparé d’ailleurs à cette occasion une plate-forme où été consignées toutes les revendications des personnels enseignants et administratifs. Sauf qu’en définitive nous avions été étonnés du fait que nous sommes considérés comme des indésirables en tant représentants syndicaux illégitimes alors que notre représentativité est étayée par l’adhésion des travailleurs de bien plus que le taux de 20% fixé par la loi. Nous démentons formellement par ailleurs les déclarations faites par le recteur à la presse à propos des atteintes morales à l’encontre de l’administration prêtées aux enseignants syndiqués « a-t-il précisé en soulignant que la section syndicale demeure bon gré mal gré ouverte au dialogue responsable et apaisé pour le bien de l’ensemble de la communauté universitaire et notamment pour celui exclusif des étudiants. M. Bouzebda Zoubir, le recteur, que nous avons contacté pour connaitre l’autre son de cloche nous dira : « En réalité, nous n’avons aucun souci avec nos collègues du syndicat pour la simple et bonne raison que nous jouissons du même statut professionnel en tant qu’enseignants universitaires et encore moins avec le personnel administratif auquel nous vouons un respect total. Autrement dit, nous partageons les mêmes intérêts... En fait, à mon sens à l’origine de tout ce qui est advenu dernièrement de nos relations avec la section syndicale qui, malgré tout, demeure pour moi illégitime dans la mesure où elle n’a pas été renouvelée à l’échéance réglementaire, se trouve être le report sine die de la réunion préparatoire de la conférence nationale avec M. le ministre qui devait avoir lieu le 22 du mois passé qui a été considéré injustement par les syndicalistes comme un refus de les rencontrer. Ce qui est absolument faux car la raison est tout autre. Je me suis aperçu personnellement que la liste des membres syndicaux qui devaient prendre part à ladite réunion était entachée de duplicité sachant que certains éléments mentionnés activaient simultanément dans les deux sections syndicales, l’une tout à fait légitime certes parce qu’agréée, celle de la FNEU en l’occurrence, et l’autre qui ne l’’était pas, à savoir celle du CNES qui pour l’administration n’a plus raison d’exister en tant que telle. Nous avons d’ailleurs saisi par écrit les responsables de ce syndicat en non-conformité avec la loi pour leur demander de régulariser leur situation pour pouvoir prétendre à une activité légale. Or, la veille de la réunion qui a été reportée à une échéance ultérieure, j’ai été surpris en apprenant par un écrit adressé au rectorat par la section en cause faisant état de sa décision d’observer un sit-in le lendemain mais j’ai accepté le fait accompli en me disant que ce sont après tout des collègues qui ont la latitude d’agir ainsi sans être pour autant syndiqués. Ce que je ne n’ai pas toutefois admis, c’est qu’ils s’étaient mis à proférer des insanités envers l’administration en me traitant moi-même de bandit, de corrupteur et de je ne sais quoi d’autre sans qu’ils puissent avancer la moindre preuve de tous ces reproches qui me sont faits. Ce qui est à mon avis d’autant plus condamnable et répréhensible que ces insultes loin d’être justifiées, sortaient de la bouche même d’enseignants anciennement membres du comité d’éthique et de déontologie, ce qui est grave. Je dois rappeler que ces enseignants sont ceux-là mêmes qui dans leur activité d’hier faisaient la tournée des facultés et des départements pour sensibiliser leurs collègues sur les valeurs morales et la conduite exemplaire dont doit se prévaloir l’enseignant universitaire. En fait, ce ne sont pas forcément les revendications de nos collègues enseignants qui ont poussé le staff dirigeant dont je suis le premier responsable à opter pour la décision que tout le monde sait, à savoir la démission collective mais c’est plutôt le comportement irrévérencieux et insultant de certains éléments. Toutefois, Dieu merci, malgré toute cette agitation qui ne devait pas être en réalité, l’université a continué à fonctionner normalement jusqu’à ce jour... je dirais en définitive à mes collègues enseignants qu’il y a dans cette université une administration qui ne peut en aucun cas se défaire des principes déontologiques qui sont censés la régir, des règles juridiques auxquelles elle est strictement soumise à leur application la plus fidèle possible, sinon ce serait la foire et qu’il suffit de respecter les lois de la République et les choses évolueront obligatoirement dans le bon sens...» Deux étudiants qui ont souhaité s’exprimer sous le sceau de l’anonymat, l’un inscrit en master I comptabilité-audit et l’autre en en fin de cycle en sciences économiques, ont été unanimes à déclarer que cette grève ne les arrange pas d’autant plus qu’ils ne savent pas combien de temps elle va durer. « Il faut que l’administration et les syndicats pensent à placer les intérêts des étudiants avant les leurs car nous nous sentons lésés par tous ces mouvements surtout que nous sommes en fin d’année et que les examens sont pour bientôt. Nous préférons être neutres dans ce type de conflits, la seule chose qui nous intéresse c’est que les deux parties arrivent le plus tôt possible à s’entendre pour un retour rapide à la normalité....», ont-ils suggéré.             

Hamid Fraga

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