Ouyahia et Sellal devant la Cour suprême

Un été algérien animé

12 Jui 2019
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Des dizaines de personnes, dont de puissants hommes d’affaires, écroués, des dossiers de ministres et hauts cadres envoyés à la Cour suprême et des dizaines d’interdictions de quitter le territoire national ; deux mois après le début des procès contre « la bande », la Justice travaille au pas de charge. C’est ainsi que douze anciens hauts responsables seront auditionnés, demain, par le magistrat de la Cour suprême. Il s’agit des ex-Premiers ministres Abelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, des ex-ministres Abdelghani Zaâlane, Amar Tou, Boudjemaâ Talaï, Karim Djoudi, Amara Beyounes, Amar Ghoul, Abdelkader Bouazghi et Abdeslam Bouchouareb, de l’ex-wali Abdelkader Zoukh, et de l’actuel wali d’El Bayadh Mohamed Djamel Khenfar Ces personnalités avaient déjà été auditionnées fin mai dernier par le procureur du tribunal de Sidi M’Hamed qui a transmis leurs dossiers à la Cour suprême, comme le prévoit la procédure. Les douze personnalités politiques sont poursuivies dans le « cadre d’enquêtes préliminaires effectuées par la gendarmerie concernant des faits à caractère pénal ». L’ouverture de nouvelles affaires risque d’apporter de nouvelles surprises. Après avoir opéré des changements importants au sein de l’appareil judiciaire, notamment à Alger, les procès médiatiques reprennent de plus belle. Devant le Tribunal Sidi M’hamed, situé rue Abane-Ramdane à Alger, les hommes d’affaires, des responsables de grandes entreprises et établissements publics, mais aussi des ministres, premiers ministres et autres responsables défilent devant les juges pour s’expliquer notamment sur la dilapidation des biens publics, l’attribution illégale de marchés publics et surtout pour avoir touché d’indus avantages. Pis, dans beaucoup de cas, les trafics d’influence et la corruption à grande échelle sont des pratiques très courantes, bien établies. Après l’affaire Haddad, qui n’a toujours pas livré tous ses secrets puisqu’elle n’est pas traitée dans tous ses aspects notamment ceux liés à l’importation de médicaments et du matériel médical, d’autres affaires lourdes seront traités. L’ampleur des affaires liées à Mahiedine Tahkout est parfois minime devant ce qui est caché dans les marchés accordés aux frères Kouninef qui, en compagnie de Ali Haddad, ont obtenu le monopole sur la majorité des grands marchés publics. Des responsables, anciens et actuels, risquent d’être directement cités dans cette affaire qui sera ouverte dans les prochains jours par le pôle financier du Tribunal de Sidi M’hamed. Les deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, seront également concernés pour leur proximité avec la fratrie Kouninef. En plus des dossiers liés à l’attribution de marchés publics, la Justice va ouvrir, ou rouvrir, d’autres dossiers lourds. C’est notamment le cas de l’affaire El-Bouchi dans ses deux aspects, l’un lié à des promotions immobilières et l’autre à l’importation de la Cocaïne. Le premier chapitre a déjà été ouvert mais le procès tarde à venir. Il implique de hauts cadres des directions des domaines, de l’urbanisme et des juges. Mais des surprises peuvent survenir. Dans le dossier de la cocaïne, des gros poissons risquent de laisser leurs peaux. Mais la date du procès n’est toujours pas fixée. Comme l’a promis le chef de l’Etat-Major de l’armée, la Justice va rouvrir le dossier Sonatrach 2 où est directement cité l’ancien ministre de l’Energie, Chakib Khelil. Dans un premier traitement, le dossier ouvert par le procureur Belkacem Zeghmati en 2013 a vite été fermé par les autorités politiques. Mais la réouverture du dossier risque de surprendre beaucoup d’Algériens. En gros, c’est un été mouvementé qui attend les Algériens, déjà soif de justice. Même si, beaucoup craignent une « justice de la vengeance ».

Akli Ouali

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