Récupération « à l’amiable » des fonds détournés

La proposition partage les députés

15 Sep 2021
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Le président Tebboune, alors  candidat à la présidentielle, avait inscrit dans ses 54 engagements  la récupération des sommes faramineuses détournées par les oligarques qui gravitaient  dans l’entourage de Bouteflika.  Le président Tebboune avait d’autant plus à cœur de rapatrier ces milliards que lui-même était victime, personnellement, de ces oligarques qui ont agi dans l’ombre pour obtenir sa tête alors qu’il n’avait que quatre semaines à la tête du Gouvernement.  « je vais récupérer ces fonds, je sais où ils se trouvent », avait-il répondu à un journaliste qui l’interrogeait sur la question et surtout la faisabilité de la démarche dont on mesure aujourd’hui la difficulté.  C’est parce que les voies politiques et judicaires, que le président Tebboune croyait pouvoir utiliser pour permettre à l’Algérie de se réapproprier ce pactole, ont échoué, faute d’une coopération des responsables des pays où dort cet argent, qu’a vu le jour une autre façon d’envisager la problématique. Elle est le fait de Abdelkader Bengrina, président du parti « El Adala  et de Abdelaziz Belaid qui avec certains économistes, ont proposé  une sorte  de deal entre l’Etat et ces oligarques qui en échange  de leur libération  où de l’allégement  de leurs peines, s’engageraient à restituer ses fonds ou à donner aux autorités judicaires nationales toutes les informations sur les pays et les banques où ils sont placés.  Pour la petite histoire, le prince héritier de l’Arabie saoudite Mohamed Benselmane (MBH)  a eu recours à ce procédé avec des dizaines de princes qu’il avait mis aux arrêts en leur proposant  de rendre l’argent volé pour retrouver leur liberté.  La proposition de Bengrina et Abdelaziz Bélaid, sans être assumée officiellement en haut lieu, est inscrite dans le programme du Gouvernement qui parle de « règlement à l’amiable ».  Il faut dire que la proposition du Gouvernement, si elle a le mérite d’être assumée et avancée, tient juste en deux mots et n’est pas du tout explicitée dans le texte, demeurant du coup un angle mort.  C’est probablement pour cette raison que les députés intervenus hier dans le débat  en plénière ont eu des paroles mitigées  en se montrant, pour les uns, peu enthousiastes,  pour les autres incrédules en se demandant même  « s’il n’ya pas des arrières pensées »   Chez le mouvement Al  Bina de Bengrina et  le front El  Moustakbal de Belaid, auteurs de la proposition, on y adhère, bien sûr, comme le souligne le député Kamel Benkhellouf pour qui  « il n’y a pas de solution autre que cette réconciliation économique ».  Et d’argumenter encore que  « Aucune banque au monde n’accepterait de lâcher de l’argent » en apportant cette précision que ce règlement à l’amiable « ne signifie nullement une quelconque amnistie et absolution ». D’où ajoute t-il, l’obligation  de « Coupler la procédure, le cas échéant avec un encadrement judiciaire »  Le MSP est vent debout, considérant par la voix de son chef de groupe parlementaire qu’il « s’agit là d’un renoncement flagrant à l’une des revendications du mouvement populaire », d’autant plus paradoxale que  la proposition du Gouvernement est présentée sous le chapitre  «La moralisation de le vie politique et publique nationales».  Le  FLN qui habituellement s’interdit toute velléité d’opposition à l’exécutif, se dit « étonné » par la proposition et soupçonne via ses députés de « arrières pensées » des inspirateurs du projet, alors que le RND préfère rester positif mais évasif en considérant que «  tout ce qui peut aider  à faire rentrer cet argent en cette période de crise est le bienvenu, à condition que tout doit se faire dans la transparence »  Voilà qui est dit  et la balle est dans le camp du Premier ministre qui devrait se montrait un peu plus disert dans ses réponses pour avoir l’adhésion des députés à la proposition.

H.Khellifi. 

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